Après un appel à concurrence infructueux, la Sonatel a finalement acheté la licence pour l’exploitation de la 4G à 32 milliards F Cfa. A cela s’ajoute le renouvellement de la concession de Sonatel pour 68 milliards de F Cfa. Ce que certaines associations de consommateurs considèrent comme dérisoire et parlent même de bradage.
Par Cheikh NDONG
Adjugé. La licence 4G a été octroyée à la Sonatel pour la rondelette somme de 32 milliards de F Cfa. L’information a été donnée hier par le Directeur général de l’Artp en conférence de presse, hier. Selon Abdou Karim Sall, l’Etat avait lancé, il y a quelques mois, un appel à concurrence pour l’établissement et l’exploitation de réseaux 4G, laquelle procédure a été infructueuse au bout du compte. Toutefois, à l’en croire, la Sonatel vient d’acquérir la 4G en payant 32 milliards de F Cfa pour obtenir 20 M( 1O dans la bande 1800 et 10 dans la bande 800) avec l’obligation de débuter sa commercialisation dans deux mois au plus tard à compter de la date d’assignation des fréquences .
le patron de l’Artp a aussi profité de sa rencontre avec la presse pour revenir sur le renouvellement de la concession de la Sonatel qui arrive bientôt à expiration. selon lui, l’Artp avait commandité une étude en janvier 2015 par le groupe de cabinet Microeconomix et Beta finance qui a évalué la concession de la Sonatel à 58 milliards de F Cfa. A l’en croire, le renouvellement de la concession de Sonatel que l’Etat du Sénégal vient de signer pour 17 ans et pour 68 milliards est marqué par l’introduction d’obligations de couverture entre autres dans son cahier de charges. selon le Directeur général de l’Artp, l’opérateur a des obligations de couverture voix suivantes ; 90% de la population en trois ans, en terme de couverture du territoire, le concessionnaire doit couvrir d’ici cinq ans l’ensemble des zones frontalières habitées du Sénégal dont le nombre d’habitant est supérieur ou égal à 200. Le concessionnaire doit aussi couvrir totalement dans un an et demi les grands axes routiers.
Toutefois, le Président de l’association des utilisateurs des Tic, Ndiaga Guéye voit dans l’attribution de la 4G et le renouvellement de la concession de la Sonatel comme un bradage systématique des intérêts du Sénégal. il s’étonne du fait du fait que la concession de la Sonatel soit évaluée par un cabinet français qui évalue les intérêts français. Ndiaga Guéye a rappelé déjà en 2000 la Soudatel( Expresso) tant que nouveau entrant dans le marché des télécoms au Sénégal avait 100 milliards de F Cfa, en 1997 France Télécom avait acquis la licence de la Sonatel à environ 7O milliards . C’est pourquoi il s’est étonné du fait que 20 ans après, on vient nous dire que la valeur de la concession de Sonatel est de 68 milliards. Cela signifie pour lui que les autorités dans leur démarche n’ont pas privilégié les intérêts du Sénégal. A son avis, elles ont procédé à un bradage systématique des intérêts du Sénégal au profit d’une multinationale française. Et de rappeler : « le même Etat avait bradé une licence globale à Tigo à 58 milliards de F Cfa en 2000 ». M. Guéye s’est indigné du fait que
le gouvernement s’es précipité à accorder la licence 4G à la Sonatel au détriment de Tigo et Expresso . Selon lui, de tout temps quand il s’agit de vendre des licences, le gouvernement a privilégié l’aspect financier, le consommateur sénégalais totalement oubliés. A l’en croire, les autorités ne mettent jamais de conditionnalités pour que les Sénégalais puissent accéder à ces outils Tic à des prix abordables. Selon le Président de l’association des utilisateurs des Tic, le Sénégal est très loin de certains pays comme le Rwanda. Selon lui, en fin 2017, 95% des Rwandais auront accès au haut débit à un prix abordable.



