Au Sénégal, on a fâcheuse tendance à se glorifier et à vivre dans le déni. Et ça commence toujours par nos dirigeants (un poisson pourrit toujours par la tête). Nous sommes en plein déni de Démocratie à la suite de ce simulacre de dialogue national. Nos politiques ont la manie d’utiliser des subterfuges pour tromper le peuple mais cette fois-ci la coupe est pleine. Le Sénégal est une démocratie majeure dixit le Président de la République. Voici le genre d’assertion qui présage les futurs holdup électoraux et les manipulations des lois fondamentales du pays. Dans une démocratie majeure, le Président de la République est au-dessus de la mêlée. Les fonctions de chef de parti et de président de la république sont dissociées. Comment un président peut-il dire : vous n’avez pas fait cette réforme, pourquoi nous l’imposer ? C’est à lui d’être proactif et progressiste pour faire faire au pays un grand pas dans le progrès politique. En restant chef de parti, le président affirme sa volonté de gérer le pays d’une manière sectaire, népotique et clientéliste. Tous les actes que le président de la république a posés depuis 4 ans le prouvent. Les nominations à fort relent ethnique, l’implication de sa famille et de celle de son épouse dans la gestion de la chose publique et dans certaines affaires douteuses, la honteuse transhumance de prédateurs connus de tous. Dans une démocratie majeure, ces faits pourraient justifier une procédure de destitution pour haute trahison. Nous risquons de vivre un autre déni de justice avec le deal qui s’annonce avec la probable libération du fils de l’ancien président qui semble être que l’agneau du sacrifice d’un plan B diabolique. Ce déni va s’observer avec les scandales identifiés par l’OFNAC. Le président n’en a pipé mots dans ses interventions et c’est très étonnant. Le déni de réalité est flagrant. Comment le président peut-il nous présenter la situation du pays comme reluisante alors qu’au moment même où se déroulait ce simulacre de dialogue, un terrible accident de la route survenait sur l’autoroute ? L’école est dans un état de déliquescence avancée, nos structures de santés sont à l’agonie, les sénégalais ne savent plus à quel saint se vouer ni ce qu’ils ont dans leurs assiettes au moment des repas. Plus grave encore est le déni de croissance économique. Monsieur le Président de la République nous sort des chiffres à tout va. Il oublie d’associer au mot croissance, celui de développement. On le comprend car il utilise, comme ces prédécesseurs, l’argument des milliards injectés dans l’économie pour amadouer une partie du peuple qui n’a pas encore retrouvé une relation saine avec l’argent. Il ne dit mots sur le train de vie de l’Etat, les fonds politiques qu’il utilise pour corrompre, les choix d’investissements contestables et onéreux, le bradage du patrimoine national aux étrangers. C’est grave d’entendre un président de la république dire, après 4 ans au pouvoir, que je vais recevoir le secteur privé national pour voir comment les intéresser aux chantiers du PSE. C’est une insulte à l’entrepreneuriat national et une volonté de confiner notre pays à une zone de consommation pour les produits importés d’occident et d’asie. Il faut arrêter la mascarade et parler de la souveraineté de notre pays sur les plans politique, économique, monétaire, social et culturel. Nous avons besoin d’un système bancaire national pour assurer le financement de notre économie. Nous avons besoin d’une administration dépolitisée et compétente pour accompagner notre développement. Nous avons besoin de rompre avec une certaine manière de faire de la politique faite de thiakhane et de tapalé, dafa doy. Nous avons besoin de bâtir une société sénégalaise qui s’appuie sur l’éthique et la morale. Nous avons besoin d’une nouvelle citoyenneté dans une nouvelle République plus juste, plus unie, plus solidaire et en progrès. Excellente semaine



