La proactivité dans le management public et privé est plus utile et plus efficace que la réactivité ou myopie qui caractérise le mode de fonctionnement de nos équipes dirigeantes : Toujours l’ambulance après la mort. De nombreuses pratiques déviantes et désobligeantes se passent chaque jour dans le pays et les dirigeants n’interviennent que lorsqu’un drame surgit ou lorsque l’opinion s’émeut de ces pratiques. Un poisson pourrit toujours par la tête. Les dirigeants de nos Etats, pauvres et endettés, oublient ou font semblant d’oublier les préoccupations essentielles des populations et s’orientent vers leurs activités de politique politicienne pour préparer leur réélection. Cette situation de myopie est symptomatique dans un contexte de désespérance, de doute, de perte de valeurs et de repères. Les coupures d’électricité persistent, les cercueils roulants circulent toujours avec leurs lots d’accidents mortels, la consommation alimentaire n’est pas protégée, la situation de l’école est dramatique, une majorité de citoyens tire encore le diable par la queue. Ce n’est pas un hasard si les autorités interdisent les sondages d’opinion ou politiques pour permettre aux populations d’exprimer leur ressenti et leurs préoccupations. C’est un indicateur patent de la myopie politique. Le management public pousse la myopie jusqu’à ignorer les nécessaires réformes qui peuvent changer notre société, particulièrement les réformes pour changer notre éducation nationale. La menace à peine voilée du président de la république à l’encontre du personnel enseignant en grève démontre encore une fois la cupidité de ce pouvoir. Ils dépensent leur énergie à contester le « doing business » et continuent d’ignorer le capitalisme national et l’assainissement de l’environnement des affaires. Qui peut comprendre le choix d’hommes d’affaires étrangers pour venir organiser des manifestations au Sénégal ? Comment comprendre qu’un ministre donne sa préférence à une entreprise étrangère pour des projets d’infrastructures alors que des entreprises locales peuvent assurer ces travaux ? Comment les entreprises locales peuvent-elles se développer dans ces conditions ? Le pilotage à vue continue de plus belle. Nos dirigeants ont tous visité des pays où des progrès ont été réalisés. Comment peuvent-ils être si myopes devant tant de changements à effectuer dans nos pays ? L’administration est encore gangrénée par des parasites qui continuent de bénéficier de privilèges indus. Le rapport de l’OFNAC va se heurter à la myopie maladive de nos dirigeants. Tous les secteurs d’activité de la vie de nos sociétés sont concernés. Le manager privé est lui aussi souvent myope devant le respect des règles contractuelles en matière de marché, de droit du travail, de salaires, d’évolution de carrière. Il confond souvent chiffre d’affaires et bénéfices. Il ne se rend souvent pas compte que l’entreprise est un bien social qui doit être préservée de tout acte de prédation. Comme les faillites frauduleuses ne sont pas sanctionnées, il se livre à toutes les formes d’abus possibles, qui altèrent considérablement la viabilité et la pérennité de son entreprise. Ce type de dirigeant préfère aller donner des millions à son marabout ou entretenir ses différents « bureaux ou maitresses » que de payer ses impôts ou les salaires de leurs employés…Est-ce réellement de la myopie ? ou est-ce de la turpitude, de la cupidité ou de l’oisiveté pour des individus qui ne connaissent pas la valeur de l’argent ou la manière de créer des richesses ? Ignorer les préoccupations de son peuple ou de ses salariés est le plus court chemin (yonnu) pour ne pas atteindre la prospérité (yokouté). Excellente journée



