Les expressions souvent entendues au pays sont édifiantes: « Deuki bi dokhoul, deuk bi dafa Macky » (Le pays n’avance pas, la gestion de Macky ne produit pas de résultats). Même si ces récriminations peuvent être tintées d’une certaine subjectivité, il conviendrait d’y attacher une attention particulière de la part des dirigeants de ce pays. Comment un pays peut avancer, lorsque les dirigeants, au lendemain de leur élection pense déjà au second mandat ? Ils vont placer le pays en campagne électorale permanente et reléguer au second plan les réformes indispensables pour changer le destin de la nation. Ils vont se doter d’un trésor de guerre à travers leurs budgets astronomiques de politique politicienne pour massifier leur parti et entretenir leur clientèle politique. Le train de vie de l’Etat devient un goulet d’étranglement pour un pays pauvre surendetté. Un pays ne peut pas avancer avec un Président de la République chef de Parti Politique. Un pays ne peut pas avancer en négligeant l’éducation, la formation et l’état d’esprit entrepreneurial. Comment un pays peut avancer si un pan entier de son industrie disparait, une partie importante de la valeur ajoutée créée va à l’étranger et que ses PME/PMI, par défaut de financement, mettent la clé sous la porte les unes après les autres (Plus de 500 fermetures en 2015) avec des milliers d’emplois perdus ? Un pays ne peut avancer sans un système bancaire national qui s’engage sur le financement à long terme de l’économie. Un pays ne peut avancer si la majorité des gens utilise une débauche d’énergie, un temps et des moyens énormes pour les besoins de leurs pratiques mystiques et autres kharfakhoufeu (expression qui désigne les fétiches), qui pour se protéger ou forcer son destin et d’autres pour lancer des missiles destructrices contre d’honnêtes citoyens. Les compétences et les cerveaux fuient le pays, le fonctionnaire devient le mari idéal car étant jamais fatigué et rentré le soir à la maison, il a déjà lu tous les journaux… Ouiii pour l’inéligibilité des personnes coupables de détournement de deniers publics, mais pas de deux poids deux mesures. Il est plus qu’urgent de créer un Comité Vérité et Récupération sur toutes les ressources publiques détournées de leurs objectifs. Une caisse de solidarité nationale doit accueillir les fonds récupérés sur les personnes qui ont bénéficié de privilèges indus… Les expressions d’un leader sont édifiantes : «Aux hommes politiques qui se trompent, l’histoire ne pardonne pas. Le responsable qui dirige la lutte d’un peuple ou la politique d’un Etat doit, coûte que coûte, réussir. Rien, ni aucun argument ne pourraient justifier son échec. Quand on est responsable des destinées d’une nation, on n’a pas le droit de se tromper.» Habib Bourguiba… On ne peut pas construire un projet de société viable sur des fondations en ruines. Excellente journée



