Terrassé par une courte maladie, l’ancien lutteur, Toubabou Dior, a tiré sa révérence hier très tôt le matin. Contacté par le site d’information senegal7.com, son frère, Baye Fall, a confirmé le décès de l’ancienne gloire : «Toubabou Dior (de son vrai nom Bounama Touré) est décédé ce matin (hier lundi), à la clinique où il était admis. Il souffrait de maux de tête», précise le frangin du défunt lutteur.
Mouhamed Ali, l’ancien lutteur du Walo, n’a pas manqué d’afficher sa surprise en apprenant la nouvelle du décès de l’ancien capitaine de l’équipe olympique de lutte. «Je viens tout juste d’apprendre la mauvaise nouvelle. C’est une nouvelle qui me surprend», a-t-il lâché au bout du fil hier lorsque nous l’invitions à faire un témoignage.
«C’est une grosse perte pour la famille de la lutte», dit-il. Avant de louer les qualités humaines du disparu. «C’est un homme entier qui s’en est allé, c’est quelqu’un de bien. Il était sincère», témoigne Mouhamed Aly qui dit entretenir d’excellentes relations avec lui. «A chaque fois que l’occasion se présente, Toubabou Dior me contactait par téléphone pour me demander l’état de mon pied qui faisait mal», a confié celui qui s’est mesuré à deux reprises au père de Nar Touré.
Dernière apparition, lors de la pose de la première pierre de l’Arène nationale
Si les deux protagonistes s’étaient quittés dos à dos lors de la première confrontation, la deuxième disputée en 1997 avait vu le manager de Lac 2 prendre le dessus sur «Toubab». Un des rares tombeurs de Manga 2, Bounama Touré a fait l’une de ses dernières apparitions en public lors de la pose de la première pierre de l’Arène nationale à Pikine Nord par le Président Macky Sall. «Toubabou Dior avait fait le déplacement à Pikine Nord pour assister à la cérémonie. Bien avant cela, je l’avais retrouvé au siège du ministère des Sports lors de notre audience avec Matar Ba en direction de la préparation de cette cérémonie», a indiqué l’ancien lutteur du Walo.
Un mécanicien qui ne faisait pas de la lutte son gagne pain
Le citant parmi les lutteurs qui ont eu à dominer l’arène, Mouhamed Aly de se rappeler : «On luttait entre nous : Toubabou Dior, Manga 2, Mor Fadam et moi. On constituait le cercle des grands champions.» C’est en 1978 que Toubabou Dior a débuté sa carrière et c’est lui qui envoya à la retraite Double Less dans les années 80, selon certains témoins de cette époque. Mécanicien de profession et père de Nar Touré -l’un des rares lutteurs intellos de l’arène établi depuis quelque temps aux Etats-Unis-, Toubabou Dior se définissait comme un homme digne, qui se targuait de ne pas faire de la lutte son gagne pain. Sur le plan politique, le natif de Tenn Toubab était un proche du Secrétaire général du Ps, Ousmane Tanor Dieng, dont il était le garde du corps.



