AccueilLes Pépites de Pep'sD’où vient la violence ? Arrêtons de nous voiler la face.

D’où vient la violence ? Arrêtons de nous voiler la face.

D’où vient la violence ? Arrêtons de nous voiler la face.

Notre société porte de plus en plus en elle les germes de la violence et nos pratiques politiques n’ont fait qu’attiser cette violence. La politique politicienne, la campagne électorale permanente et une certaine forme de pagaille d’Etat sont des formes d’agression contre tout un pays. On ne récolte que ce qu’on a semé. Depuis nos indépendances, la prédation et la prévarication éhontées de nos deniers publics ont fait le lit de la violence. Ces détournements de deniers et d’objectifs ont privé les populations de ressources qui devaient contribuer à leur épanouissement en termes de connaissances, de compétences, d’emplois et par conséquent de revenus. Dans un pays pauvre surendetté où un pouvoir mène un train de vie dispendieux, il ne faut pas s’étonner que la frustration des masses populaires tourne à la violence. Etre président de la république et en même chef de parti politique est une agression contre la démocratie, la morale républicaine et l’égalité des chances, surtout quand on implique sa famille dans la gestion de la chose publique. Disposer de fonds politiques faramineux et les utiliser pour débaucher, corrompre et acheter les consciences est une agression contre la dignité humaine et le patrimoine national. Transformer toutes les visites présidentielles en meeting politique est une forme de violence contre la noblesse de la politique. Le président doit être le président de tous les sénégalais et se mettre au-dessus de la mêlée. Le bradage du patrimoine foncier bâti et non bâti, de nos ressources minières et halieutiques est une agression contre les biens de la nation et sa pérennité. L’anarchie qui règne dans le secteur de l’immobilier et dans l’urbanisation, le blanchiment d’argent à grande échelle sont une forme de violence contre les populations, l’équilibre de nos comptes publics et la beauté de nos villes. La pauvreté de nos régions est une forme de violence qui se reflète dans l’exode rural. La dégradation des édifices publics et de certaines infrastructures par défaut de maintenance est une agression contre le cadre de vie, nos ressources et la notoriété de notre pays. La mauvaise qualité de service et les nombreuses pratiques informelles dans l’administration (corruption, concussion, prise illégale d’intérêt et autres trafics d’influence) sont une agression insupportable aux droits des citoyens et contre le rayonnement de notre pays et sa capacité à attirer et maintenir des investisseurs. La saleté, le sable, l’indiscipline, les nuisances sonores, la circulation débridée sur la route sont une forme de violence contre la quiétude et la santé des populations. Le mauvais aménagement de certaines routes et l’état déplorable du parc automobile (en particulier de certains transports en commun) contribuent à la violence routière et la prolifération des accidents meurtriers. Le côté extraverti de notre économie avec une prédominance des capitaux étrangers est une agression contre le secteur privé local et sa capacité à apprendre, se développer et créer des richesses. L’absence de souveraineté (politique, juridique, économique, sociale et culturelle) est une forme d’agression contre notre fierté nationale et notre capacité à nous développer. La politique de la main tendue est une insulte à la dignité humaine. La violence des forces de l’ordre est une réalité patente dans notre pays. L’existence d’une police politique est une forme d’agression contre la dignité des citoyens. La dépravation des mœurs, la prolifération des pratiques déviantes de maraboutage, de sorcellerie, de fétichisme, de sectarisme et d’ethnicisme sont une forme de violence contre l’équilibre social et la cohésion nationale. La dégradation du système éducatif et les conditions de vie déplorables des écoliers et étudiants font le nid de la violence. Laisser mourir des milliers de jeunes en mer, des malades devant les hôpitaux et des mères qui mettent au monde leurs enfants sont une illustration parfaite de la violence et de l’impuissance des politiques menées dans le pays. La mendicité et le traitement inhumain infligé aux enfants de la rue sont aussi une forme de violence. Une certaine façon de faire de la politique produit parfois des monstres qui n’ont de motivation que la destruction de leurs prochains pour l’appât du gain (c’est la violence de la méchanceté gratuite, de la jalousie maladive, de l’oisiveté, des médisances et attaques crypto-personnelles…). C’est une certaine façon de faire de la politique faite de clientélisme, de népotisme, de copinage et d’impunité qui est source de violence. Un ndeup (exorcisme) collectif est toujours indispensable pour extirper les nombreux maux qui gangrènent notre société. Les fondations de notre société sont en ruines et il faut les rebâtir. Un poisson pourrit toujours par la tête. Que l’Etat donne l’exemple en réduisant drastiquement son train de vie et mette en mouvement la société en rationalisant le fonctionnement de notre administration, en protégeant les deniers publics de toute aliénation, en valorisant les ressources humaines nationales par un investissement massif dans la qualité de l’éducation et de la formation (depuis la maternelle jusqu’à l’université) , en recentrant le débat national sur les problématiques d’emploi, de compétences, de formation, de création d’entreprises, d’incubateurs , de startups, de cités des sciences , de pôles d’excellence, de bibliothèque nationale, de centres de recherche et développement… en s’attaquant résolument à la pauvreté pour l’éradiquer, en modernisant l’habitat , les infrastructures et le système de transport, en augmentant le plateau technique médical, en améliorant le cadre de vie par le développement d’espaces verts et de détente, en renforçant le potentiel des régions par des créations massives d’infrastructures et d’emplois, en renforçant les moyens du secteur privé local pour maintenir la valeur ajoutée dans le pays. Oui l’Etat peut manifester une volonté de construire mais réformer en profondeur pour rebâtir les fondations, c’est encore mieux. Créer des universités sans projet d’établissement et d’enseignant s bien formés équivaut à un pays sans projet de société et dépourvu de ressources humaines de qualité. La violence vient souvent de l’arrogance et de la vanité de nos dirigeants et de leurs affidés. Une gestion réellement sobre et vertueuse aura tendance à créer les conditions d’une société plus apaisée où le dialogue social et la cohésion sociale produiront de très bons résultats. Quand on préside aux destinées d’une nation, on se doit d’avoir une haute opinion de sa fonction et un sens élevé des responsabilités. On doit être capable de s’affranchir de tous les lobbies et groupes de pression, de l’influence de ses familles biologique et politique. C’est comme si on offrait son corps et son âme à son peuple et pour un seul dessein : la satisfaction des besoins des populations, la justice sociale, l’égalité des chances, le progrès partagé par tous. Nos dirigeants politiques doivent savoir résister en permanences aux privilèges de leurs fonctions et donner un sens à leurs actions pour que les populations puissent s’en inspirer et agir en cohérence avec les attentes de la collectivité. Continuons le combat citoyen pour donner à notre pays ce supplément d’âme qui peut lui permettre d’affronter les nombreux défis du développement et pour construire une nouvelle citoyenneté dans une nouvelle république plus juste, plus unie, plus solidaire et en progrès. Excellent weekend de Pâques

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Must Read

spot_img