Le civisme est devenu une leçon de moral qui a perdu tout son sens dans notre pays. Cette notion désigne le respect, l’attachement et le dévouement du citoyen pour son pays ou pour la collectivité dans laquelle il vit. Cela s’applique en particulier à l’institution qui représente cette collectivité, à ses conventions et à ses lois. Plus généralement, le civisme est le dévouement pour l’intérêt public à la chose publique. En effet, cette définition pourtant très claire et précise ne reflète pas le constat fait par les sénégalais lamda. Seulement, l’espace public qui devait servir de passage ou de passerelle des piétons est depuis quelque temps partagé par les vendeurs qui exposent leur produit sans pour autant se soucier des piétons.
A Grand-Yoff, plus précisément le pont qui devrait servir de passage, est devenu une parfaite illustration. Ici, l’anarchie semble prendre le dessus sur tout. Vendeurs et mendiants se partagent cet petit espace pour faire valoir leur commerce au détriment des passagers qui n’utilisent cette passerelle que pour traverser. Les marchandises éparpillées par terre, ces vendeurs n’ont aucun gêne à utiliser ses passerelles pour faire valoir leur commerce, se glorifiant par la même occasion des taxes qu’ils payent chaque matin à la municipalité.
Devant ce fait, ils se disent être dans leur droit et qu’au lieu d’aller tendre leurs mains ou d’aller voler, ils préfèrent gagner leur vie à la sueur de leur front.
Cependant, les populations ne partagent pas cet avis. Pour eux, les autorités devraient prendre en charge cette situation pour éradiquer ce mal qui ne cesse de prendre de l’ampleur. «Nous éprouvons des difficultés à traverser. On est obligé de marcher pas à pas de peur de marcher sur leurs étalages. Je pense que l’Etat ou la municipalité devra prendre ses responsabilités afin de les recaser dans d’autres lieux», affirme ce citoyen.
Ce phénomène qui gagne du terrain mérite d’être étudié dans la mesure où, les collectivités locales qui devraient prendre des mesures concrètes face à cette situation continuent de s’enrichir derrière leur dos. L’autre fait, est que certaines collectivités fuient cette question comme de la peste et refusent même de répondre à la demande des citoyens qui réclament le déguerpissement de ses vendeurs, de peur de recevoir des sanctions lors des élections municipales.



