AccueilReligionLa Bonté : Une aspiration si naturelle à Vocation universelle

La Bonté : Une aspiration si naturelle à Vocation universelle

 A Makkah, Imam Ibn Jamîl Ghazawy s’est concentré sur la bonté, qui est un caractère désirable et dont la convoitise naturelle devrait rendre universelle et donc acquise  par tous et pour tous. Tout le monde cherche à être traité ainsi de bon et personne ne veux être logé à l’enseigne du contraire et qui est mauvais ! Mais ajoute-t-il, comment  s’assurer appartenir dans le camp des bons et comment s’assurer ne pas avoir un pied ou une partie de soi dans l’autre camp ? Dans un Hadith de Imam Ahmed, relaté par ‘Abdullàh Ibn ‘Umar, le prophète décrivait le croyant comme l’abeille, qui lorsqu’elle respecte ce que Allah lui a inspiré, à savoir se nourrir de toute espèce végétale et sillonner les itinéraires tracés par Allah (Faslukî subula Rabbik), ne sortira de son ventre que du pur, que du bon, que du bien (Vs 68-69, S16). Il y a rappelle l’Imam deux enseignements dans ce verset – le premier est que ce qui sort du ventre de l’abeille est un remède pour tous les humains sans distinction (lin-Nàs), le deuxième, c’est que c’est un motif  de réflexion pour s’attacher au bien, le bien qu’inspire Allah pour produire du bien et offrir du bien. Empruntons donc le modèle de l’abeille, mais qu’est-ce à dire ?

 L’humain est une créature de bien, puisque produit par Allah, Maître du Bien, et destiné au bien de l’adoration (V5, S98) en toute pureté. Ainsi, si Allah a Excellé dans cette œuvre de bien par nature, il revient à l’humain de cultiver ce bien dans sa vie – soit ses intentions, ses expressions, ses actes, ses interactions, ses agissements et même en anticipation de son souvenir après la mort et de son sort dans l’autre monde. Voilà comment le prophète Ibrahim avait anticipé vouer à Allah toute sa vie et sa mort (V162, S6). L’humain ou encore le croyant, renchérit l’Imam, doit donc exprimer le bien dans tout pour être apprécié dans le savoir-être, le savoir-faire et le savoir-interagir. Il ne s’autorise que valeurs et vertus et s’interdit par conséquent l’ignorance qui entacherait chacun de ces facultés, ignorance de comment se comporter, ignorance de comment conduire ses actes, ignorance de comment interagir avec ses semblables et avec les autres composantes de la création. Il s’interdit donc aussi toute déviance, tout tort, toute attaque, toute ingérence, toute inconvenance, toute maladresse. En résumé, il s’attache à ce que Allah Ordonne (1ère phrase V90, S16), et s’éloigne de ce qu’Il Défend (2éme phrase).

 Or donc souligne l’Imam, il n y a pas plus distinct et explicite que les indicateurs de la bonté. Celui qui est catalogué ainsi a le cœur et l’esprit attachés en permanence à Allah, ses instruments d’expression reflétant le souvenir d’Allah (Zikr), ses organes et membres agissant en conformité dans le bien commun, dans l’ouvre constructive, dans la pureté et la durabilité des actions individuelles et collectives. Il ne s’attache en usant du bien et du bon qu’au  bien, il écarte tout ce qui nuit, démolit, rétrograde, usurpe, viole et vole. Mu’âz aurait raconté qu’un jour les compagnons ont remarqué le Prophète dans  un état d’esprit plus positif que d’habitude et lorsqu’ils lui ont posé la question, il aurait répondu que la bonté de l’esprit (thybun-Nafs) prime sur la richesse matérielle (Al Ghinà) et nulle préoccupation de matérialité pour qui réussit à atteindre la piété. Et le prophète d’indiquer quelques astuces pour rester dans cet état d’esprit auquel devrait aspirer tout humain, tant qu’il installe et sécurise en apesanteur ses adeptes au-delà des préoccupations de bassesse de ce monde et ainsi donc évite les soubresauts de toute pesanteur. Parmi ces astuces, il y a la bonne parole, au sens de productif, d’utile, d’apaisant, d’encourageant et de soulageant. N’est-ce pas Allah a même Recommandé à son Prophète Mûsà dans son plaidoyer envers Phir’awn d’user de parole douce (bonne parole) pour l’amener à sortir de son orgueil et à se purifier (V44, S20). La bonne parole rappelle l’Imam est donc un ingrédient de tous les jours dans la vie du croyant ou de l’humain et elle aide à purifier les orgueilleux.

 Allah use de métaphore dans le Qur’ân pour enseigner combien la bonne parole peut avoir un impact (V24, S14). La bonne parole, dit-Il, est comme l’arbre béni, qui s’enracine dans les profondeurs de la terre pour ne jamais perdre ses racines de Tawhîd et de divinité, mais qui ne s’interdit pas l’ouverture à tous les horizons du monde avec des branches qui culminent au ciel, mais surtout qui n’obéit pas aux caprices du climat et des végétations zonales pour produire son fruit, disponible à tout temps par la grâce de son Seigneur. Parce qu’il s’agit de la bonne semence, de la bonne parole, de l’arbre béni…et donc son impact ne se limite ni au temps, ni à l’espace, mais devient une valeur universelle (Tû’ty ukulaheû kulla hîn – V25).

 Dans tout ce que l’humain entreprend, Allah lui Recommande d’y aller avec un élan de bien (V24, S22), un élan illustré par la bonne parole et qui guide vers Allah et qui enracine dans sa Voie. Combien d’exemples du culte  du bien le Qur’ân amène pour encore encourager à rester sur cet élan de bien, en intention, en parole, en toute expression, en acte et en interaction, car ajoute l’Imam, dire le bien seulement sans agir en conséquence peut sonner faux voire hypocrite (V44, S2) et voilà pourquoi Allah Précautionne envers les humains de ne pas se limiter uniquement à dire du bien, mais à l’illustrer séquentiellement par l’action vertueuse – car la bonne parole (Tawhîd, Tasbîh de toute sorte – Tahmîd, Hasbala, Tawakkul, Taqdîs, etc.) est naturellement destinée à Allah, d’où elle a émané (V10, S35) et donc vers où elle retourne, mais seule l’action vertueuse lui sert d’ascenseur. Or, le Prophète avait justement recommandé dans cet ordre une palette d’actions vertueuses comme ascenseur de la bonne parole – l’introduction de la salutation, puisqu’elle est une expression combinée de paix, de bénédiction et d’onde positive émanant d’Allah (fin V61, S24) partagées largement parmi la communauté, la distribution de biens (nourriture, argent, capital, sonseils avisés), en particulier en cette période de fêtes où le besoin de ferveur familiale augmente légitimement, et avec lui les coûts de victuailles et de repas, l’adoration d’Allah dans la pure discrétion comme avait recommandé le Prophète, soit la çalàt de nuit pendant que la majorité des gens dorment, la réconciliation discrète entre des frères/sœurs tendus.

 Il ne faut pas se limiter dans la quête de la bonté encourage l’Imam, car Allah Garantit que tout acte de bonté, tout acte de pureté trouvera son alter-égo comme une bijection légitime des ‘like-minded’. Si un homme s’évertue à rester pur dans sa nature, Allah Garantit qu’il trouvera une épouse de même calibre et si une femme s’évertue à garder sa chasteté, Allah Garantit aussi qu’elle trouvera un époux dans la même gamme (V26, S24). La bonté appelle la pureté et vice-versa !

 L’inverse aussi tient bien dans les mêmes rapports ainsi que le Verset précise. Il y a donc à la fois un encouragement à cultiver le bien en permanence, à s’y enraciner, mais aussi une alerte à s’éloigner de l’inverse et à ne pas se laisser entraîner là-dans.

 La bonté signifie aussi soigner ses méthodes de gagner sa sueur, car tout avoir non légitime sera mis de côté pour l’audit général d’Allah et aucun centime ne peut s’y soustraire (V8, S102). Et voilà pourquoi Allah n’A pas différencié dans ce registre sa Recommandation aux prophètes et aux autres – Il leur a Recommandé la même chose, consommer du licite (V51, S23 pour les prophètes et Vs 80-81, S20 pour les autres) et Allah Défend aussi de vouloir prétexter des avoirs illégitimement usurpés pour tenter de se purifier par le Sadaqa. Le prophète a dit dans un Hadith rapporté par Imam Muslim que chaque atôme de Sadaqa sera jugé à la nature de l’avoir et seul le licite est agréé. Voilà pourquoi d’ailleurs Allah Met en garde de dépenser parmi le licite de ce qui a été gagné et de ne pas se débarrasser de l’écume dont on ne voudrait pas soi-même(V267, S2). Si vous ne disposez d’aucun avoir matériel duquel sortir un Sadaqa, le Prophète recommande d’exprimer une parole utile, une parole de bien, de pureté, constructive.

 Parmi ceux qui se surprennent à ce que leurs affaires ne marchent pas Avertit Allah dans un Hadith Qudsiy, celui-là même dont aucun chapitre n’est licite, son avoir est illicite, ses habits sont illicites, sa consommation est illicite, qui est donc à la diagonale de la pureté et qui s’emploie à invoquer Allah, comment Allah Lui Répondrait-il ?

 Enfin, l’Imam a rappelé dans le chapitre de la bonté et de l’œuvre de bien de respecter les droits des uns et des autres, en particulier des opprimés, des couches vulnérables et des sans-voix, et c’est dans ce sens que le prêche de Imam Badrud-dîne à Genève a abondé, rappelant combien le Prophète avait insisté sur l’indicateur de prospérité d’une communauté à travers sa manière de traiter ses couches les plus démunies. La majorité des décisions les affectent plus sévèrement et nul ne se soucie de leur statut. Tant que nous ne payons suffisamment attention à ceux-là dont la faiblesse de la voix et la vulnérabilité du statut ne peuvent monter au niveau des cercles convoités de décision, nous ne pouvons prétendre faire dans le bien. Protégeons les droits des enfants, des opprimés, des femmes et des peuples soumis à toute forme d’injustice. N’oublions pas que l’œuvre de bien commence souvent chez soi, or quiconque oeuvre dans le bien, Allah Garantit qu’Il Lui octroiera une vie paisible (V97, S16), il aura aussi une mort sereine (V32, S16) et il sera accueilli par les Anges de la Paix au Paradis qui scanderont Paix à son âme.

 Le prophète a tellement incarné toutes les facettes de la bonté que lorsque Abou Bakr Aç-çiddiq s’est penché sur son corps alors que son âme venait de rejoindre son Seigneur, il n’a trouvé plus juste hommage que de lui dire ces mots simples ‘tu as vécu en toute pureté, et tu meurs en toute pureté’ – Thibta hayyan wa Thybta mayyitan. Voilà l’héritage qu’il a laissé, la simplicité de la bonté et chaque jour la bonté nous appelle à être meilleur que ce que nous avons prétendu avoir été, toujours perfectible, mais encore plus ambitieux de récolter les promesses de bonté émanant d’Allah, soit de montrer d’abord la bonté aux autres, sans discrimination, car la bonté ne discrimine point.

 

Par Al Amin

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