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Aphasique jusqu’à 12 ans, Serigne Bassirou Bara, devient « un maître du verbe » (Portrait d’un vice Khalife des mourides)

Petit-fils du fondateur du mouridisme Cheikh Ahmadou Bamba, Serigne Bassirou Bara est venu au monde en 1929. Fils de serigne Bara Mbaké, le vice khalife général des mourides fait partie du cercle restreint des plus grands dignitaires de la communauté Mouride. Orphelin à l’âge de 7ans, il n’aura pas le temps de bien connaitre son père décédé en 1936. Un statut qui lui fait perdre l’un de ses plus grands repères. Consciente des faits et pour une raison particulière,  sa mère Sokhna Maguette Lo est restée très proche de son fils.

A 7ans Serigne Bassirou Bara ne savait pas parler, au moment où ses camarades du même âge étaient très en avance dans l’apprentissage du saint coran. Inquiète  de son état et au fait qu’il ne puisse peut-être pas maîtriser le coran et les khassaides de son grand père, sa maman Sokhna Maguette Lo se confie à serigne Fallou Mbaké.

Après avoir formulé des prières, serigne Fallou rassure Sokhna Maguette Lo que l’état de son fils allait changer, qu’il saura parler et en plus deviendrait un grand homme religieux, charismatique et très respecté. Comme prédit, le jeune serigne Bara s’est remis à parler correctement ce qui fait qu’il a appris tardivement le coran. Il sera confié à Serigne Mouhamadou Lamine Diop, Dara Dagana qui va l’apprendre le coran et les sciences religieuses. Ensuite, il sera envoyé chez le fils de Mame Dior Diarra, Serigne Abdou Latif. Il va terminer son apprentissage du coran et des sciences religieuses, chez son homonyme, le fils de serigne Touba et grand ami de son  père, serigne Bassirou qui assure pour de bon son éducation.

Il s’en va pour Dakar après avoir passé 27 bonnes années chez son homonyme et protecteur serigne Bassirou. A Dakar, il habite avec des parents maternels. Ouvert au monde moderne, il  décide de suivre l’école française afin de trouver un travail valorisant et ne plus dépendre sur les autres. Après ses études, il obtient  une qualification et décroche un diplôme qui lui a permis d’obtenir un poste au building administratif ou il a travaillé jusqu’à la retraite en 1992. Ce qui justifie le surnom «  Bass Building ».

Après sa retraite, il s’est consacré à son activité de guide religieux à son domicile aux HLM de Guédiawaye. Là, il recevait tout le temps des disciples. Il est décrit par son entourage comme un homme simple, courtois et émotif. Et que lorsqu’il parle de Serigne Touba, il donne l’impression d’être dans un état second.

Le vice Khalife général des mourides qu’il est devenu, n’est pas en marge concernant la vie sociale, l’agriculture et même la politique. Il est souvent sollicité pour des médiations ou autre liants Touba aux président Senghor et ou Abdou Diouf. Il possède de vastes hectares de terres dans plusieurs localités du Baol dédié à la culture de l’arachide. Une aptitude qui explique toute la confiance que lui voue son grand frère le khalife général Serigne Cheikh Sidy Makhtar Mbacké.

Lire également: A la découverte du vice khalife général des mourides, Serigne Bassirou Bara

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