La sortie de Me Abdoulaye Wade contre les avocats de l’Etat dans l’affaire Karim Wade n’a pas encore fini de provoquer l’ire de ses collègues avocats. Invité hier de l’émission Grand Jury de la Rfm, le Bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Mbaye Guèye qui ne comprend pas cette attaque contre des collègues, annonce la traduction de l’ancien chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, devant le tribunal des pairs en novembre prochain. Sur l’affaire Khalifa Sall, le Bâtonnier demande le respect des droits du maire de Dakar.
«Aucun n’avocat n’a le droit de s’attaquer de la sorte à un autre avocat. Cette sortie m’a d’ailleurs surpris, surtout venant d’un bâtonnier d’honneur. Il ne doit pas tenir de tels propos », souligne Me Mbaye Guèye. Et ce dernier d’envoyer l’avocat au tribunal des pairs. «Me Wade sera traduit devant le conseil de discipline à la rentrée, au mois de novembre ». Relativement à cette affaire, le bâtonnier s’aligne totalement sur la position de ses collègues. «Le client, en l’espèce l’Etat, a l’obligation de respecter ses engagements, quelle que soit l’issue du procès », dit-il.
Abordant le cas Khalifa Sall, selon le bâtonnier, l’Etat doit respecter les droits de Khalifa Sall. «Nous devons tous veiller à ce que les droits de M. Sall soient respectés », souligne Me Mbaye Guèye. Ce dernier de préciser que le Khalifa Sall est un député et qu’on doit tenir compte de ce statut de représentant du peuple. Mieux, Me Guèye fait le parallèle entre les dossiers Khalifa Sall et Barthèlémy Dias et pense qu’on devrait tenir compte de la jurisprudence Dias.
Alors que dans l’affaire Khalifa Sall, on fait souvent état de l’antériorité des faits par rapport à son statut de député, le bâtonnier note que dans le dossier Dias, les faits étaient aussi antérieurs, mais le maître des poursuites a été obligé de demander la levée de son immunité parlementaire pour qu’il puisse être jugé. «Le procureur a demandé la levée de son immunité avant qu’il ne soit jugé. Pourtant, c’est des faits intervenus avant qu’il ne soit député. Nous devons méditer ces cas de jurisprudence et essayer d’appliquer le droit », fait remarquer Me Guèye.
Sur ce nous reproduisons les dispositions de l’article 45 de la loi 2009-25 modifiant la loi 84-09 portant ordre des avocats qui a fixé les sanctions que le conseil de l’ordre peut être amené à prononcer lorsqu’il est saisi. Il s’agit de:
– l’avertissement ;
– la réprimande ;
– l’interdiction temporaire, laquelle ne peut excéder trois années ;
– la radiation du tableau des Avocats ou de la liste du stage.
L’interdiction temporaire comporte, en outre, la privation du droit de faire partie du Conseil de l’Ordre pendant une durée, excédant pas dix ans, fixée par la décision qui prononce la peine.
Les sanctions disciplinaires peuvent faire l’objet, par la décision qui prononce la peine disciplinaire, d’une
publication dans les bulletins internes de l’Ordre.
La radiation, l’interdiction temporaires et les peines annexes confirmées en appel peuvent, en outre, faire l’objet d’une publication dans un ou plusieurs journaux d’annonces légales.
Il peut être décidé le sursis à l’exécution des peines d’interdiction temporaires.


