L’opposition n’a qu’à s’en prendre à elle-même. C’est l’avis de Idrissa Seck, le leader de Rewmi qui se prononçait sur la débâcle de l’opposition lors des élections législatives.
L’opposition s’est éparpillée, c’est ce qui a donné une force à la majorité présidentielle qui a par ailleurs orchestré une fraude massive, explique Idrissa Seck :
« Il y a certainement la machine de fraude du camp présidentiel, mais il y a notre responsabilité. Puisque la responsabilité d’un leader c’est d’évaluer une situation et d’hiérarchiser les priorités. La priorité pour cette élection législative au niveau de l’opposition, c’était l’unité, purement et simplement pour que le mode de scrutin ne nous prive pas de la victoire dans la plupart des départements du Sénégal. » Explique Idrissa Seck qui poursuit.
« Et c’est pour cette raison que dès le départ, j’ai attiré l’attention de tout le monde sur la vanité, la stupidité des querelles de leadership et de positionnement au sujet de la tête de liste. Et dès le départ, j’ai dit moi que je n’en voulais pas, pour faciliter les choses. Parce que l’importance c’était l’unité, pour garantir la victoire. Si nous étions unis, est ce qu’aujourd’hui on serait en train de courir derrière un contentieux électoral à Dakar face aux 110 000 voix qu’ils nous ont donnés et aux 59 000 voix qu’ils ont donné à Manko Wattu Sénégal ? La question était réglée, ici à Mbacké, à Thiès, à Diourbel. Partout on serait en train de célébrer la victoire et peut être la cohabitation. » Pour Idrissa Seck, « C’est bien de dénoncer la machine de fraude du camp présidentiel, mais c’est essentiel de reconnaître notre responsabilité dans cette dispersion complètement stupide de l’opposition. »
Rappelons que l’opposition avait décidé de réunir ses forces pour aller ensemble aux élections dans le cadre Manko Wattu Sénégal. C’est au dernier moment que cette coalition a explosé pour des querelles de leadership. Le Pds et ses alliés avaient refusé le choix de Khalifa Sall comme tête de liste, alors c’est ce qui semblait être prédéfini. De l’autre côté, les partisans de Khalifa Sall n’avaient pas voulu de Oumar Sarr comme tête de liste. Après d’âpres discussions, la coalition s’est effritée en plusieurs coalitions. En véritable sauveur, Me Abdoulaye Wade a été appelé en renfort pour aider son parti à sortir la tête de l’eau.



