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Après les mutins, les ex-rebelles entrent en action. La Côte d’Ivoire au bord du gouffre?

La Côte d’Ivoire est à nouveau sur le point de basculer dans le chaos. Pendant que l’indignation sur les mutineries des militaires est partagée, des ex-rebelles entrent dans la danse pour réclamer aussi des primes. Le bilan de la mutinerie fait déjà trois morts. Une situation qui inquiète à plusieurs égards, si l’on se rappelle du récent passé du pays.

Ces derniers jours, 8 400 soldats, des mutins, ont réclamé, des armes à la main, le paiement de primes, installant le pays dans la psychose d’un éventuel conflit. Comme si cela ne suffisait pas, d’anciens rebelles démobilisés entrent dans la danse. Ils ont lancé une journée d’action hier, lundi 22 mai, dans plusieurs villes du pays. Ces rebelles veulent faire valoir des revendications financières similaires à celles des mutins.

Ces anciens rebelles qui n’ont pas été intégrés à l’armée après avoir combattu au sein des Forces nouvelles ont brièvement occupé lundi matin le corridor de Gesco situé au nord de Yopougon, à Abidjan. Mais leur rassemblement n’a duré que le temps d’une rose. Ils ont été rapidement dispersés par les forces de l’ordre. Mais aujourd’hui, mardi, les choses ont dégénéré. Trois personnes sont tuées lors d’affrontements à Bouaké entre des policiers et des ex-rebelles démobilisés. Ces derniers bloquaient l’entrée de la ville. Les corps des trois victimes ont été amenés au Centre hospitalier universitaire de Bouaké.

Face à cette situation, Amadou Ouattara, porte-parole adjoint des démobilisés s’indigne: « C’est grave ce qui est arrivé. Nous avons trois morts dans nos rangs… Je ne sais que dire. Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse tirer sur des personnes aux mains nues qui manifestaient ».

Rappelons que le 8 mai dernier, des ex-rebelles démobilisés avaient bloqué les accès de Bouaké pour réclamer leur intégration dans l’armée ainsi que le paiement de 18 millions de francs CFA par personne. Car dans le cadre du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), l’Etat avait promis leur intégration.  Lors de cette mutinerie, un démobilisé avait été tué à Bouaké par des soldats révoltés qui estimaient que les revendications des démobilisés mettaient en péril le paiement de leurs primes.

Le défunt de mutinerie devait être enterré lundi 22 mai et les démobilisés avaient appelé à une journée d’action pour ses funérailles. Ils ont alors bloqué l’entrée sud à Bouaké et l’entrée nord de la ville de Korhogo. Ce qui a encore déclenché des hostilités.

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