La Chambre criminelle de Dakar a, hier mardi 16 mai 2017, jugé les supposés tueurs du propriétaire du voilier «Fleur de Sel», Gérard Yves Gallais. La bande avait fait irruption dans le voilier, tué Gallais, violé sa femme avant de voler son argent et ses biens.
Ndèye Mour Thiaw a refait face, 8 ans après, aux malfaiteurs qui, pour passer une bonne fête de Korité, ont tué son mari dans son voilier, lorsque l’un des malfrats la violait. Parmi les 5 membres de la bande, seuls deux ont comparu. Les moins chanceux, Malang Camara et Thierno Bâ alias Thier, risquent les travaux forcés à perpétuité. Une peine requise par le procureur de la République après une confusion des peines. En détaillé, le procureur a demandé 20 ans de travaux forcés pour l’association de malfaiteurs, 10 ans ferme pour le viol collectif et pour le vol en réunion.
Retour sur les faits. Pour se réconcilier avec sa femme, Gérard lui avait fait une surprise. Arrivée à Dakar le jour de son anniversaire, il lui offre son cadeau (une chaîne en or) et la promet une parcelle de terrain à usage d’habitation à la station balnéaire de Saly. Après le dîner, ils sont allés se coucher. Ce sont les derniers moments heureux vécus par le couple Gallais. Vers 3 h du matin, ils sont brutalement réveillés par trois individus qui se sont introduits chez eux. Après brutalité, ils ont immobilisé Gallais sur le lit. Ndeye Mour, quant à elle, est isolée au salon par un homme de petite taille qui, sous la menace d’un couteau, l’a obligée à entretenir des rapports sexuels avec lui. Elle a été bâillonnée par les malfaiteurs qui ont pris la fuite après avoir emporté avec eux un ordinateur portable, un écran plat, deux téléphones portables, les papiers du véhicule, la somme de 900 mille Fcfa et un moteur hors-bord de 15 chevaux.
Au cours de l’information, selon Thier, l’idée de cambrioler le voilier est née d’une information selon laquelle, Gallais détenait beaucoup d’argent dans son voilier. Ils se sont mis d’accord d’agir la nuit avant de disparaître sans laisser de traces.
A la barre, Thierno s’implique à moitié. Il explique : «C’est Malang l’instigateur et l’auteur des faits, avec Abdoulaye Ndiaye. Malang Camara nous a appelés. On était trois quand on escaladait le bateau. Il m’a dit que l’on allait chercher de l’argent. C’est Abdoulaye Ndiaye qui a violé la fille, mais je n’ai pas intervenu. Malang Camara a trouvé Ndiaye en plein action et lui a reproché son acte. » Malang Camara réplique : «Thier raconte des balivernes. Il m’a impliqué dans cette affaire pour se venger de moi. En effet, un jour, il m’avait blessé à l’œil et je lui avais promis de lui faire la fête et il avait menacé de me mêler à ses problèmes, si jamais il en avait. Je n’ai pas pris part à ce crime », dit-il.
Lèvres pincées, Ndeye Mour Thiaw est revenue sur les faits : «Mon mari était handicapé. Il ne pouvait pas bouger. L’un a commencé à me violer, pendant que l’autre le battait. Le troisième volait. Ensuite, celui qui volait est venu me violer. C’est quand l’un d’eux était en train de me violer qu’ils ont tué mon mari. Ils ont pris, en plus du matériel, les 900 mille Fcfa qui devaient être mon fonds de commerce, 4 chaînes en or, des bagues en or… ».
Les avocats de la défense ont soulevé des exceptions de nullités jointes au fond par le juge. Estimant que le juge d’instruction a ajouté l’assassinat sans le notifier à leurs clients, ils auront les résultats de leur requête le 20 juin 2017, date du délibéré.



