En se réunissant dans la coalition Manko Taxawu Sénégal, les leaders de l’opposition veulent maximiser leurs chances pour les élections législatives à venir. Mais en y intégrant des formations politiques d’assez faible représentativité, ceux qu’on peut considérer comme les principaux partis de l’opposition risquent d’y perdre des plumes. A travers un reportage réalisé par l’Observateur, des analystes politiques se prononcent.
Ça ne leur traverse pas l’esprit. Les responsables de l’opposition ne vont pas risquer à aller en rangs dispersés aux élections législatives. Alors la décision a été prise par les différents acteurs de l’opposition de se regrouper autour de la coalition Manko Taxawu Sénégal. Ainsi elle prône l’union sacrée et semble taire les ambitions démesurées des uns et des autres, selon le Dr en Sciences politiques, Maurice Soudieck Dione.
Dans ladite coalition composée de plus d’une dizaine de formations politiques, des partis que l’on peut considérer parmi les plus représentatifs de l’opposition, tels que le Pds et le Rewmi, se retrouvent aux côtés d’autres moins nantis, poursuit-il. « C’est une rationalité éminemment politique qui fait que le Pds et le Rewmi s’allient à d’autres partis plus jeunes et qui n’ont pas encore peser sur le balance électorale, ni fortement représentés, explique le Dr Dione. »
Mais de l’avis de l’analyste politique Famara Sané, Manko Taxawu Sénégal est une aubaine pour les ‘’petits partis’’. «La coalition profite plus aux plus petits qui peuvent revendiquer leur participation à une élection, laquelle pourrait aider l’opposition à remporter les Législatives, dit-il. Selon lui, les partis traditionnels, dans une dynamique de regroupement pour d’autres élections ont besoin de collaborer avec tous ces petits partis pour avoir une forte représentativité ».
Suivant Sané, le Pds et le Rewmi sont les grands perdants dans cette coalition, qui, dans le cadre de la représentation, devront tenir compte des petits partis. M. Sané signale qu’en se coalisant, ces partis parviendront à cacher les difficultés qu’ils rencontrent à l’interne et également les départs massifs.
Dr.Dione, pour sa part, soutient que lorsqu’on va à des élections, c’est pour obtenir le maximum de voix. «Donc plus on additionne de suffrages à son profit, mieux c’est. Même si c’est le leader seul d’un jeune parti qui vote pour le compte de la coalition de l’opposition, c’est une voix de plus».
Sur le choix de Malick Gakou à diriger la coalition Manko Taxawu Sénégal, ils soutiennent que « Ce n’est pas une autorité verticale et hiérarchique qu’il exerce sur les autres leaders, il est le coordinateur, il aide en quelque sorte la mise en œuvre et au suivi des décisions prises par l’ensemble des leaders de la coalition », précise Dr. Dione. Pour Sané, c’est une question de stratégie. «Ils ne veulent pas montrer aux autres que c’est le Pds qui est toujours au devant de la scène. C’est une manière d’emballer les autres partis en donnant le poste de coordinateur à Malick Gakou ».
Abordant la question du double jeu de Me Abdoulaye Wade sur les élections à venir, nos deux analystes politiques ne semblent pas partager leurs avis. «La volonté de Me Wade, c’est de propulser Karim Wade. Il ne l’a jamais caché d’ailleurs ». Selon le docteur Dione « Abdoulaye Wade est jusqu’à présent le secrétaire général national du Pds qui se trouve être le premier et plus grand parti de l’opposition, en termes de représentativité électorale et de représentativité parlementaire.»



