Les démarches de la défense dans l’affaire Khalifa Sall sont jusque-là demeurées vaines. Aujourd’hui encore, la Chambre d’accusation a rejeté la demande de liberté provisoire du maire de Dakar. Ces refus perlés donnent lieu à deux pistes de réflexion : soit Khalifa Sall est vraiment trempé jusqu’au cou dans cette affaire de gestion « nébuleuse » de la caisse d’avance, soit la thèse de la « cabale politique » est avérée.
Il faut avouer que depuis le début de cette affaire de caisse d’avance de la mairie de Dakar, ni l’édile ni ses codétenus n’ont expressément affirmé qu’ils n’ont pas touché ou manipulé ces fameux sous. Toute la défense de Khalifa Sall semble tourner autour de sa thèse de « cabale politique ». Mais comme on peut le constater, cette hypothèse n’a pas jusque-là donné satisfaction aux autorités judiciaires. On se demande si le maire de Dakar ne se cacherait pas derrière des affirmations politiques histoire de camoufler son délit.
La somme mis en cause, il est clair que Khalifa Sall en a fait usage. Au cours de ses interrogatoires, il l’a d’ailleurs affirmé en précisant qu’il refusait de donner l’identité des fils de Dakar qui en auraient jouit. Pour renchérir, après le premier rejet de la demande de liberté provisoire de Khalifa Sall, un de ses avocats avait affirmé que si la libération de ce dernier ne dépendait que du remboursement de la somme mise en cause, que les sénégalais « cotiseraient » pour que Khalifa Sall sorte de prison, laissant ici entendre que c’est la population qui avait été la plus grande bénéficiaire de cette somme.
Quant à Mbaye Touré, directeur des affaires financière de la mairie de Dakar, il avait déclaré qu’il décaissait effectivement les sommes périodiquement mais qu’il n’avait en revanche aucune information sur l’utilisation des fonds.
C’est pour ainsi dire que cette affaire est loin d’être « clair » comme on le dit souvent. Mais même si c’était le cas, la probabilité d’une détérioration de la situation par des questions politiques n’est pas à écarter. C’est en ce sens que les avocats de Khalifa Sall et Cie ont du mérite en soulevant le cas des anciens maires de Dakar qui ont fait des gestions similaires sans être inquiétés. Les mêmes causes devant donner les mêmes effets, on ne comprend pas pourquoi cet acharnement sur le cas de Khalifa Sall.
Et comme on l’a constaté, le parquet, représentant l’Etat, refuse de démordre avec pour but ultime de maintenir Khalifa Sall derrière les barreaux. Inutile de préciser que la coloration politique du maire de Dakar en est pour quelque chose. Il semble s’être fait prendre par un pouvoir qui guettait le moindre faux pas.
Les échéances électorales pour les législatives approchent à grand pas et Khalifa Sall n’est toujours pas fixé sur son sort. Cette affaire qui tire en longueur risque de coûter à Khalifa Sall plus qu’il ne le pensait.



