Au Sénégal où sévit le chômage et une inéquation emploi/ formation, certains acteurs de développement abusent de leur influence pour faire profit. Profitant de la crise économique, plusieurs cabinets de placement et d’orientation portent le « costume » de résolution des problèmes d’emploi, mais la réalité est tout autre.
Au Sénégal, 60% de la population a moins de 20 ans et les jeunes en âge de travailler représentent plus de la moitié de la population active. L’agence nationale de la statistique et de la démographie estime que chaque année, près de 100 000 nouveaux demandeurs d’emploi entre 15-34 ans arrivent sur le marché de l’emploi. Dans un pays où le taux de chômage de 49% au niveau national.
Ainsi, nombreux sont les cabinets ou agences qui travaillent dorénavant, dans le secteur de la recherche de l’emploi, qui est devenu une mine d’or.
Il y a aujourd’hui, pléthore de cabinets ou de sites internet spécialisés. On pourrait en citer plusieurs (ACP Consulting, ORIENTIS Group, Approxima group, Sen job, Téranga Communication, Sen recrute.com) si bien que l’on pourrait s’y perdre facilement.
Ils s’enrichissent énormément compte tenu du niveau de chômage au Sénégal qui est extrêmement élevé. Ni l’état, ni les entreprises, sous le coup de la crise économique du pays, n’arrivent à réduire le taux de chômage qui ne cesse de grimper. Les jeunes diplômés n’ont qu’un seul objectif, trouver un stage ou un emploi pour faire valoir leurs acquis théoriques.
C’est dans cette perspective qu’interviennent ces structures aux multiples formes. Ils s’agit de cabinets ou de sites internet qui ciblent essentiellement, le lot des demandeurs d’emploi et profitent de la vulnérabilité et de la naïveté de ces derniers.
Leur stratégie de communication le plus souvent, est très prometteur car ils ont recours à une méthodologie didactique. Mais, il s’agit au fond et pour la plus part, de séminaires payants.
Faut-il rappeler ici, le discours controversés de ces structures. Au début ils parlent d’accompagnement, de coaching et de placement, pour ensuite glisser subtilement vers…. la formation.
Ils organisent des séances de mise à niveau, des techniques de rédaction de cv, de lettre de motivation et des techniques d’entretien d’embauche pour une courte durée.
Des salons, des conférences et des forums sont organisés pour jouer sur la conscience des étudiants et professionnels chercheurs d’emploi. « Salon du premier emploi », « Salon de l’excellence » « Chrono recrut ». En général, ce genre d’initiative regroupe des entreprises, des étudiants et professionnels dans le cadre d’entretien d’embauche. Et pour faire sérieux, L’évènement se déroule souvent sous le haut patronat d’un éminent membre du gouvernement.
Un pléthore de candidats sont réunis (plus de 500 candidats demandeurs d’emploi et une centaine d’entreprises) et à la clé, des opportunités d’embauche douteuses.
Et tous les moyens sont bons pour faire du profit. Les inscriptions peuvent aller de 10000f à 25000f voire plus.
De sources anonymes, des candidats ont reçu des appels de leur cabinet à Dakar pour un stage à Mbour. Au final ils sont revenus bredouilles car l’entreprise en question n’avait pas reçu la demande de stage. D’autres par contre, étaient orientés vers des entreprises qui ne répondaient pas à leur profil.
Les sites internet ne sont pas plus scrupuleux. Pour continuer ses études à l’étranger, il faut débourser des sommes faramineuses. Le coût de l’ouverture de dossier s’élève à 205.000f , alors que l’université ou la structure d’accueil n’a pas encore accepté la demande. Bien entendu, les frais de dossier ne sont pas remboursables.
Amélie Dioumba BADJI


