AccueilPolitiqueLa cohabitation à l'Assemblée Nationale: Un danger pour la République?

La cohabitation à l’Assemblée Nationale: Un danger pour la République?

Le 30 juillet 2017, l’opposition n’aura comme principal objectif que d’imposer une cohabitation à l’Assemblée Nationale au gouvernement de Macky Sall. Seulement, une cohabitation est lourde de dangers, aux yeux de certains observateurs qui soutiennent que la Constitution du Sénégal n’a pas préparé ce genre de situation.

La question sur la cohabitation entre le pouvoir et l’opposition en vue des prochaines Législatives est devenue depuis quelques temps le centre de toutes les conversations. Une cohabitation certes possible si toutefois le peuple décide de donner l’opposition une majorité parlementaire le 30 juillet prochain. Ainsi selon le professeur de droit constitutionnel Abdoulaye Diéye, notre charte fondamentale n’est pas encore préparée à une cohabitation entre la majorité et l’opposition. «La cohabitation n’est pas souhaitable au Sénégal, parce que ça va conduire à des dérèglements. Nous en sommes à cette situation parce que la Constitution n’est pas préparée». Au Sénégal, c’est président de la République qui détermine la politique de la Nation et c’est le gouvernement qui conduit cette politique définie par le chef de l’Etat. Partant de cette hypothèse, le professeur Abdoulaye Diéye décèle deux cas de figures qui peuvent s’offrir à notre pays si l’opposition gagne les Législatives du 30 juillet prochain.

La première hypothèse possible est que le président décide d’appliquer la Constitution, en nommant un Premier ministre de son choix. Dans ce cas de figure, indique le constitutionnaliste, «on aura un président de la République et un gouvernement avec une couleur politique, et une Assemblée nationale avec une autre couleur politique».

Un scénario qui n’est pas sans conséquences. M.Diéye explique : «Le président de la République va déterminer une politique. Il a l’initiative des lois et va vouloir que ce soit voté, mais l’Assemblée nationale ne va certainement pas voter la loi». Et toutefois si le président décide de nommer un Premier ministre de son choix, il peut y avoir des problèmes. Car selon le professeur, «L’Assemblée peut voter une motion de censure».

Dans le deuxième hypothèse, c’est lorsque le président de la République, ne disposant pas de majorité parlementaire, décide de nommer un Premier ministre issu de cette majorité, pour éviter tout problème. Dans ce cas, s’interroge le professeur : «Est-ce que le Premier ministre va accepter de conduire la politique qui a été déterminé par le président de la République ? ».

La cohabitation a pourtant été réussie dans certains pays comme la France. Mais s’il n’y a pas de problème dans ce pays, c’est parce que la Constitution de 1958 a été libellée de la sorte qu’elle s’adapte à toutes les situations. Mais au Sénégal la CNRI (commission nationale de réforme des institutions) avait prévu ce genre de situation dans le projet de la Constitution qu’elle avait présenté au président de la République Macky Sall, mais ces propositions n’ont pas été retenu dans la nouvelle constitution.

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