Le retour imminent de Me Abdoulaye Wade, non seulement de la France (son pays d’accueil), mais aussi sur la scène politique déferle la chronique depuis quelques jours. Ce retour n’a pas manqué d’être apprécié différemment, selon les bords politiques. Mais le hic est que le pape du Sopi n’a pas fait qu’annoncer son retour, mais aussi et surtout celui de son fils Karim Wade.
Il ne serait pas étonnant que le retour de la famille Wade soit purement politique. Certes, l’ambition de Wade père d’être à la tête d’une liste unique de l’opposition pour les législatives prochaines, n’est plus un secret pour quiconque. Mais quant au retour de Wade fils, son but semble ne pas être bien défini. Il est vrai qu’Abdoulaye Wade a affirmé que son fils viendrait pour voter, mais cela semble cacher des non-dits. Ce dernier et son fils Karim, a en croire leur démarche, viserait toujours la scène politique sénégalaise. Les législatives prochaines seraient donc le prétexte idéal pour un retour tant espéré.
Par ailleurs, la coïncidence entre ce retour de Karim Wade, et la « négation » du pouvoir en place, est plutôt curieuse. Quand l’on connait le passé houleux entre Macky Sall et le fils d’Abdoulaye Wade, on comprend mieux les choses. L’ambition du pape du Sopi ayant toujours été de voir son fils lui succéder, l’éventualité selon laquelle père et fils voudrait profiter de la tension politique au Sénégal n’est pas à écarter. Leur but serait bien de venir nourrir davantage une tension qui est déjà forte, afin de renverser un régime dont ils n’ont jamais été sympathisants. Mieux, l’objectif ultime, hisser Karim Wade à la magistrature suprême.
Comme l’on peut s’en douter, le retour de Karim Wade ne manquera pas d’avoir d’incidences sur le Sénégal. Il n’est plus à démontrer que Wade fils a des partisans prêts à mener le combat de son élection. Au cours de son précédent séjour à la prison de Rebeuss et même à sa libération, en juin dernier, on a eu la preuve qu’il continuait à avoir du soutien de la part de nombreux sénégalais. En attendant ce retour tant annoncé, les relations entre pouvoir et opposition se détériorent à petits coups avec la probabilité de plus en plus faible de la réussite d’un dialogue politique.


