Après un moment de silence en plein dialogue politique, l’opposition et la majorité présidentielle ont bien voulu s’asseoir à nouveau en présence de leur médiateur, le clergé. Hier donc, au centre inter diocésain, les évêques de la Conférence épiscopale nationale ont rouvert les échanges entre les deux parties. Mais comme l’on pouvait s’y attendre, les blocages dans les discussions demeurent les mêmes qu’il y a quelques mois.
Des points de discorde qui persistent
Après la signature des accords politiques de décembre dernier, les tensions étaient vives entre majorité et opposition. En effet, le président Joseph KABILA était accusé par cette dernière de vouloir « torpiller » les thèmes de l’accord. Le président remettait en cause le mode de désignation du premier ministre ainsi que l’intervention de la classe religieuse dans le processus de transition devant conduire à l’élection du nouveau président.
Outre cela, Joseph Kabila était soupçonné de vouloir se maintenir au pouvoir à travers un référendum, ce qui serait totalement en déphasage avec les accords de décembre et la constitution congolaise. Ces accusations provenaient du fait que le mandat de l’actuel président devrait normalement prendre fin le 19 décembre 2016. Mais Joseph KABILA avait évoqué des raisons économiques pour ne pas organiser les élections à temps. La nouvelle date de tenue des élections est pour décembre 2017. Le risque d’être confronté à nouveau au même blocage demeure possible d’autant plus que l’organisation des élections coûtera environ 1,5 milliards de dollars alors que le budget global de l’Etat est évalué à 4,5 milliards de dollars pour 2017.
Un nouveau problème
La succession de l’opposant Etienne TSHISEKEDI. Ce dernier était à la tête du conseil de suivi de l’accord (CNSA) jusqu’à sa mort le premier février dernier en Belgique. Les textes prévoient que le président du CNSA devrait être le président du Conseil des sages du Rassemblement. Certains pensent que la logique voudrait Pierre LUMBI comme successeur d’Etienne TSHISEKEDI. Mais cela ne semble pas encore si évident dans la mesure où des divergences s’observent au sein du Rassemblement. C’est à cet effet que les évêques réuniront, dès demain vendredi, les membres du Rassemblement pour une plus de cohésion.



