L’enquête sur des malversions de fonds à la maire de Dakar se poursuit. Hier, le maire de la ville de Dakar, Khalifa Sall, a fait face aux policiers enquêteurs de la Brigade des affaires générales (Bag) de la Division des investigations criminelles (Dic). Avant lui, le Directeur administratif et financier (Daf) de la ville de Dakar, Mbaye Touré, s’est confessé et a même enfoncé Khalifa Sall, nous informe l’Observateur.
L’enquête ouverte après le rapport N0 12/2016 de vérification financière de la Ville de Dakar, n’a pas fini de révéler ses secrets. Le maire de Dakar, Khalifa Sall, faisait face aux enquêteurs de la Brigade des affaires générales (Bag) de la Division des investigations criminelles (Dic), hier. Avant lui, le 14 février 2017, le directeur administratif financier (Daf) de la ville de Dakar Mbaye Touré, a fait face aux mêmes policiers. L’argentier de la Ville de Dakar devait, lui aussi, s’expliquer sur cette fameuse Caisse d’avance de la mairie de Dakar. Et autant dire que Mbaye Touré n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Le Daf a complétement jeté un pavé dans la mare. Pour ne pas dire qu’il a, sur procès-verbal, décrié la gestion de Khalifa Sall.
D’abord, Mbaye Touré, définissant les contours de ses missions et sa collaboration avec le maire de la Ville de Dakar, a informé que la gestion municipale repose sur deux acteurs principaux que sont l’ordonnateur, c’est-à-dire le Maire qui ordonne les dépenses et le comptable qu’on appelle Receveur- percepteur municipal qui paye les dépenses ordonnancées par le maire, après avoir procédé aux contrôles de régularité. Aussi fait-il savoir aux policiers qu’il est le collaborateur du maire de la Ville dans l’exercice de ses missions, en matière de gestion budgétaire, selon le journal l’Observateur.
A ce sujet, Mbaye Touré aide Khalifa Sall dans l’élaboration du budget et l’accompagne dans son exécution. Mbaye Touré est revenu sur le fait qu’en fin d’année, ils préparent le compte administratif ou bilan, sur la base du compte de gestion fourni par le percepteur municipal.
La caisse d’avance est gérée comme un fonds politique
Mbaye Touré s’est aussi exprimé sur le fameux rapport N012/2016, relatif à la vérification administrative et financière de la Ville de Dakar de l’Inspection générale des finances. Notamment les crédits inscrits au compte 6490 « Dépenses diverses » du chapitre 313 « Cabinet du maire », servant à alimenter une caisse d’avance régie par l’arrêté N000503/MVD/SM/IAF du 31 janvier 2003 de la mairie de Dakar.
Le Directeur administratif et financier rappelle aux enquêteurs qu’il assume la mission de gérant de la Caisse d’avance. Seulement, Mbaye Touré estime que cette Caisse d’avance n’en est pas une et ceci, pour deux raisons qu’il a tenu à détailler. La première est que son montant mensuel est de 30 millions FCfa, alors qu’en comptabilité publique, une Caisse d’avance est destinée à couvrir de petites dépenses. La seconde raison est due à sa régularité et l’acceptation des pièces justificatives par les récepteurs. Il a révélé qu’en réalité, cette caisse fonctionne comme un fonds politique ordonné et utilisé par le maire.
C’est un fonds perçu comme un fonds politique. Il existait depuis que la Ville de Dakar et les fonds sont régulièrement mis à la disposition des maires par le percepteur, via le gérant. M. Touré fait souligner que depuis l’existence de la commune de Dakar jusqu’en 1996, ces fonds étaient directement mis à la disposition du maire par le percepteur municipal et les justificatifs n’étaient pas demandés. Seulement, le maire devait aller auprès du Ministre chargé des Collectivités Locales pour en justifier l’utilisation. C’est cela qui est mentionné dans l’arrêté. C’est cela qui est mis à la disposition des Inspecteurs généraux d’Etat durant leur passage, dans le cadre de la mission de vérification.
Mbaye Touré révèle des nébuleuses passées entre la Ville de Dakar et le Gie Tabbar
Sur la justification de l’utilisation faite de ces crédits, le Directeur administratif financier a recommandé aux enquêteurs de retourner vers le maire Khalifa Sall qui dispose de ces crédits de manière discrétionnaire, vu qu’il est l’ordonnateur et le destinataire de ces fonds. Avant de signaler que les maires qui se sont succédés à Dakar, ont eu à utiliser ces fonds. Revenant sur l’exécution de marchés de la Ville de Dakar par le Gie Keur Tabbar, Mbaye Touré explique que c’est pour ce genre de choses que la Caisse d’avance a été assimilée à un fonds politique.
Il fait savoir que le Gie Tabbar fournissait des justificatifs et il appartenait aux différents percepteurs de réclamer l’appel d’offres ou la procédure de consultation. Il ajoute que le Gie en question n’a jamais fourni de denrées alimentaires, parce que la caisse est considérée comme un fonds politique et que donc, la justification n’a pas son importance. Mbaye Touré explique qu’il ne connaît personnellement le Gie Tabbar que de nom. Il précise en outre que les pièces justificatives produites par ledit GIE ne sont pas conformes à la procédure normale. Il atteste ne connaître l’identité d’aucun responsable de ce Gie.



