Saint-Louis, les ressortissants mauritaniens se disent gêner par les attaques armées des garde-côtes mauritaniens. Ils interpellent le Président Mohameh Ould Abdel Aziz pour que ces attaques cessent. Ils lancent un appel pour éviter la répétition des événements qui se sont passés en 1989.
Les pécheurs sénégalais subissent fréquemment la furie des garde-côtes mauritaniens. Des interventions musclées qui font souvent couler le sang. Vendredi dernier trois pécheurs, originaires de Saint-Louis ont reçu des balles. L’un d’eux, Bara Gueye, atteint au cou, se trouvait dans une situation la plus inquiétante, que ses deux frères, blessés à la cuisse et à la jambe.
Les frères Bara, Maguette Gueye, ainsi que leur cousin, Daouda Ndiaye Guéye, ont également la sympathie des ressortissants mauritaniens, qui déplorent ces ripostes armées des garde-côtes mauritaniens. « Ce sont des actes à bannir, pour éviter le pire. Les deux peuples ont besoin de vivre en paix. Les autorités mauritaniennes doivent se prononcer sur ces actes et y mettre fin une bonne fois pour toutes », plaide un ressortissant mauritanien qui tient un commerce à Saint-Louis.
Pour Abdoulaye Diop, le président du mouvement « Yonti », ces actes peuvent être à l’origine de conflit entre les deux peuples, comme cela a été le cas en 1989. Abdoulaye, lui, vie au Sénégal depuis sa tendre enfance. Et se plaît au « pays de la téranga », qu’il qualifie le havre de paix. Un sentiment partagé par Abdoulaye Diop qui soutient « Nous déplorons ce qui s’est passé. Nous prônons la paix ».
Établi à Saint-Louis depuis près de trente ans, ce mauritanien interpelle, dans les colonnes de l’observateur, le président Abdel Aziz pour que les sénégalais puissent se sentir en sécurité en haute mer, comme en terre mauritanienne. « Nous sommes très gênées par cette situation, car nous vivons en paix au Sénégal. Nous demandons au président Ould Aziz de faire la même chose que son homologue sénégalais, Macky Sall », soutient-il. Il poursuit en soulignant qu’une frontière, on ne la fait pas garder pour tirer sur tout ce qui bouge. Selon lui, on n’a jamais entendu qu’un agent sénégalais à tirer sur un mauritanien, a-t-il regretté.



