À l’approche de chaque élection, les nerfs deviennent tendus de part et d’autre, et l’on s’accuse mutuellement de tentative de filouterie, de mauvaise foi… Mais, le pouvoir qui a en main les leviers, au lieu de poser des actes qui rassurent et ramer la sérénité, a plutôt tendance à prendre des décisions unilatérales. Ce qui du reste ne fait qu’enfler la polémique et multiplie les sentiments de méfiance et de suspicion.
Au Sénégal malgré deux alternances réussies, il semble qu’il reste beaucoup à faire concernant le processus électoral. C’est comme si les nouveaux élus s’efforçaient une fois aux manettes, de poser des actes anti-démocratiques leur permettant de s’éterniser au pouvoir. Pourtant, le constat est qu’à chaque compétition électorale, les accusations et contre accusations reviennent comme une ritournelle.
L’opposition accuse tout le temps le pouvoir de violer les règles du jeu au moment où cette dernière verse dans les dénégations, accusant à son tour l’opposition d’être de mauvaise foi. Ce concert d’accusations et de dénégations n’honore ni le pouvoir encore moins l’opposition. Avec le développement des médias et la détermination des populations qui après chaque scrutin sécurisent leur vote. Désormais il est presque impossible de tripatouiller des résultats électoraux.
Mais toujours est-il que la vigilance n’est jamais de trop. Donc au-delà de leurs combines et combinaisons, le pouvoir comme l’opposition doivent savoir qu’en dernier lieu, ce sont les populations qui votent et ces derniers feront leurs choix sur la base de propositions concrètes. Un programme qui pourra susciter l’engouement des masses.
Si le pouvoir était sûr de son bilan qu’il ne cesse de vanter à tout bout de champ, il aurait respecté le calendrier républicain et engager des concertations sérieuses avec l’opposition tout en sachant qu’à l’heure du choix, c’est le bilan qui fera la différence. Ce qui justifie ce spectacle de mauvais goût qu’ils ont tendance à servir aux populations.
Aujourd’hui pouvoir comme opposition devraient pouvoir travailler à consolider les acquis engrangés jusqu’ici et éviter de plonger le pays dans des situations qui, le plus souvent entraînent des conséquences désastreuses, comme c’est le cas dans nombre de pays africains.



