Son duo avec le leader de la « Génération consciente », Pape Diouf, l’a propulsé au-devant de la scène. Baye Babu qui continue de mener sa carrière dans sa Gambie natale, a vécu dans l’incertitude, comme tous ses compatriotes, la crise que vient de traverser son pays. « L’Obs » l’a joint pour recueillir ses impressions après le coup de force tenté par l’ancien président Yaya Jammeh.
J’ai vécu les événements en Gambie, comme tous les Gambiens, dans l’anxiété et l’inquiétude de lendemain incertain. Mais par la grâce de Dieu, tout est rentré dans l’ordre. Nos vœux ont été exaucés, même si j’avoue que ce n’était pas évident. C’était une situation très difficile à vivre. J’ai vécu tous les événements de A à Z, grâce à la Tfm qui nous livrait les informations à chaud.
Mais concernant la suite des évenements, , j’ai toujours su que la guerre n’éclaterait pas. Contrairement à ceux qui craignaient un bain de sang, au point de quitter le pays, voulant sauver leurs vies. Le temps nous a montré qu’il n’y avait pas lieu de s’alarmer, car on n’a même pas tué un poulet en Gambie.
J’étais parmi ceux qui demandaient au Président Yaya Jammeh de céder son fauteuil. En tant que jeune artiste porteur de voix, je l’ai appelé à accepter la décision des Gambiens et surtout, la volonté divine.
Je pense qu’il est encore tôt de juger le Président Adama Barrow. Je demande solennellement aux Gambiens de lui accorder leur confiance et de lui laisser le temps de dérouler son programme. Il est clair qu’en un laps de temps, il ne peut reconstruire le pays. Je pense qu’il y va même de l’intérêt de la Gambie. Nous rêvons d’un pays beaucoup plus développé, avec de nouvelles infrastructures et du point de vue des médias, qu’il y ait plus de télévisions, comme le Sénégal. Pour les artistes, je souhaite que les démarches pour voyager en Europe soient facilitées.
Yaya Jammeh aimait beaucoup convier les artistes sénégalais, au détriment des Gambiens mais si ces artistes sénégalais avaient les faveurs de Jammeh, c’est grâce à leur talent qui dépasse les frontières du Sénégal. Je ne crois pas que c’était une mauvaise chose, même si certains pensent que c’était au détriment des artistes locaux. Je le mets sur le compte de la coopération entre les deux pays. Si je prends mon exemple, Pape Diouf, chanteur sénégalais, m’a fait connaitre dans son pays et dans le monde. Grace à lui, je me suis fait un nom et j’ai même joué pour le fils de Macky Sall, à l’occasion de son anniversaire.



