Le Parti socialiste n’a manifestement pas appris de ses erreurs du passé. En saisissant la justice de ses turbulences internes, Ousmane Tanor Dieng et cie trahissent le vieil adage qui dit que le linge sale se lave en famille. En même temps, il met en lambeau ce legs qui lui a été soigneusement confié par Abdou Diouf.
Contre vents et marée, Abdou Diouf avait choisi Ousmane Tanor Dieng pour le succéder à la tête du Parti socialiste. Une décision qui avait d’ailleurs poussé Djibo Ka et Moustapha Niass à tourner le dos à leur formation politique. Voilà que Ousmane Tanor Dieng, qui incarne politiquement et moralement l’héritage depuis lors, avoue désormais son échec de gérer les crises internes.
Tout est parti du référendum de 2016, où il s’agissait de dire en toute démocratie Oui ou Non à la réforme constitutionnelle du Président Macky Sall. Des jeunes ont manifesté leur désapprobation par des moyens forts. Cela valait-il toutefois la peine de s’en prendre à ses frères de parti ? Le Ps qui a engrangé une grande expérience dans le paysage politique sénégalais, ne devrait sans doute pas commettre une telle erreur de débutant.
En effet, au sein d’un tel parti, il devrait plutôt exister des mécanismes de règlement de crise, en punissant au besoin certains écarts de ses membres à la place de convocations tout azimut à la Dic (Division des investigations criminelles), au parquet ou au tribunal. Mais voilà que la direction du Parti Socialiste a opté pour les méthodes radicales. Des méthodes qui risquent d’anéantir à jamais la cohésion au sein du Ps déjà mal en point.
Et pour cause, une éventuelle condamnation de Bamba Fall pour les violents incidents de la maison du Ps, et de Barthélémy Dias pour la mort de Ndiaga Diouf du temps du pouvoir de Me Abdoulaye Wade pourraient donner au Ps l’image d’un parti qui envoie ou qui laisse envoyer ses membres en prison.
Plus grave, si la justice venait à déclarer Barthélémy Dias, Bamba Fall et consorts coupables des crimes dont ils sont accusés, cela voudrait dire que le Ps a hébergé pendant de longues années des criminels dans sa maison. Son image en pâtirait à jamais.
D’un autre côté, la direction du Ps ouvre la porte à un affrontement frontal entre les partisans d’Ousmane Tanor Dieng et ceux de Khalifa Sall. Une guerre qui permettra au Président Macky Sall de continuer toujours de faire main basse sur le Parti de Senghor.



