Dakar n’est toujours pas comme Paris en ces années 2000. La prophétie de Senghor dont nous commémorons l’anniversaire de la disparition n’étant pas encore réalisée, Dakar se devait de se transporter à Paris. Et la messe est dite. La France très proche de ses intérêts n’entend pas se laisser distancer au Sénégal. Elle l’a fait savoir lors de la visite d’Etat du Président Macky Sall.
Non seulement, le train express régional sera construit par des entreprises françaises, mais également la compagnie Totale entend bien avoir sa part du pétrole Sénégalais. Un Etat doit savoir défendre ses intérêts. Et de ce point de vue, Hollande même en partance du palais de l’Elysée, n’a pas trahi De Gaule. Au pays de Marianne, que l’on soit de gauche ou de droite, les intérêts supérieurs, pour ne pas dire vitaux priment sur le tout. L’enseignement supplémentaire du séjour parisien du Chef de l’Etat du Sénégal est la France sait également comment sauver ses entreprises de la faillite.
Le choix porté sur Alstom pour réaliser le Train Express Régional entre Dakar et Diass est à lire à l’aune du plan de sauvetage bien réfléchie du grand constructeur français de ligne ferroviaire, Trains Tramways et autres métros.
Combien d’entreprises sénégalaises auraient pu prospéré pour certaines, ou être sauver de la faillite pour d’autres, si l’Etat du Sénégal en faisait une affaire de souveraineté et de fierté nationale? Aujourd’hui, on parlera alors au présent de la société nationale des chemins de fer, d’Air Sénégal international puis de Sénégal Air Line, de la Sotiba, d’Afrikaner et même de la Sonacos telle qu’on l’aurait connu. La liste des sociétés liquidées est loin d’être complète. Ne serait-ce que pour ça, en termes de leçon de sauvetage d’entreprise à retenir de la visite d’Etat en France du Chef de l’Etat Macky Sall, Paris valait bien une messe!
En attendant de juger sur pièces nos gouvernants, quant à leur volonté de promouvoir et de défendre nos entreprises tant qu’au Sénégal qu’à l’étranger, il est à relever le pari sur le ferroviaire du Président Macky Sall. On peut toujours discuter du coût du TER ; 568 milliards de nos Francs. Mais force est de reconnaître la pertinence du choix de développer le chemin de fer. Moyen de transport de masse par excellence et en référence à l’histoire ferroviaire du Sénégal, le train fera sauter bien des freins, à la mobilité des personnes et des marchandises. Le Ter c’est bien! Mais pour le président Macky Sall, ne pas s’arrêter en ci-bon train, c’est encore mieux. Il faudrait non seulement réhabiliter le chemin de fer tel qu’il avait existé, mais aussi et surtout construire de nouvelles lignes de l’est à l’ouest, du nord au sud. Au nom de l’émergence, le train ne devrait-il pas être partout tout le temps ?
En termes d’infrastructure, Macky Sall marquera plus les esprits en s’orientant d’avantages vers le développement du chemin de fer. Aux olympiades des routes et autoroutes à péages, il fera difficilement oublier son prédécesseur.
Chronique de Mamadou Ibra Kane



