Depuis le mois de juillet dernier, la population de Boukhou réunie dans le cadre du Collectif pour la Défense des Intérêts de Boukhou, avait opposé tout leur désaccord à la volonté du maire de Diass Aliou Samba Ciss d’octroyer illégalement 55 ha à un promoteur immobilier du nom de Mamadou Clédor Fall. Car la population soupçonne le maire et ses collaborateurs d’avoir fait un deal sur le dos des populations. Pis encore, elle a décelé des irrégularités patentes dans ledit projet.
Réuni en collectif pour la défense des intérêts de Boukhou, les membres ont rappelé à lors d’une assemblée générale tenue ce dimanche 18 décembre les irrégularités que portent ce projet.
En effet, ils estiment que deux actes de délibérations de la mairie approuvé par le Sous-préfet portant le même numéro ont des contenus différents ; ce qui laisse penser à un faux en écriture publique authentique par le procédé de falsification qui est une entorse à la loi.
Ensuite, explique-t-il, le PV de la Commission Régionale d’urbanisme parle de » Projet de lotissement et d’extension d’un terrain à usage d’habitation à Boukhou dans la commune de Diass » alors que la délibération No 4/CD en date du 12 août 2015 « autorise le Maire à procéder au lotissement et à la restructuration de Boukhou et Packy. On peut aussi lire dans le même document qu’il est prévu « des réserves d’équipement » alors que le 1er adjoint au maire, Cheikh Tidiane DIOUF a parlé de « Cité émergente », laissant croire à un projet immobilier. D’autre part, le président de la commission d’urbanisme de la mairie, Mamadou Diouf, affirme qu’il s’agit d’un Partenariat Public Privé PPP (sans appel d’offre !). Le Maire Aliou Samb CISS quant à lui, refuse de montrer le PV de la délibération à la population et aux conseillers à leur demande.
Pendant ce temps, le promoteur en question qui serait désormais « le propriétaire » du 55 ha avait annoncé à travers le site internet de sa société, la mise en vente des terrains à 14 000 frs le m2 ce qui est un détournement d’objectifs et constitue une violation flagrante de l’article 83 du code de l’urbanisme qui stipule que « aucune publicité, sous quelque forme que ce soit, ne peut être entreprise, aucune promesse de vente ou de location ne peut être consentie avant l’arrêté d’autorisation prévue par la réglementation en matière de lotissement ».
Tous ces éléments ont laissé penser à la population à un deal entre les autorités administratives et locales pour s’enrichir illicitement sur le dos des populations à travers ce projet immobilier fictif.
Cependant, la population de Boukhou est déterminée à aller jusqu’au bout de cette affaire en s’attachant les services d’un avocat.
Après avoir été sommées d’arrêter les travaux de terrassement du site au mois d’août, les autorités municipales, par la voix du président de la commission d’urbanisme Mamadou Diouf, ont annoncé la reprise imminente des travaux sur le site.
De plus, le Maire Aliou Samb Ciss essaie d’amadouer la population par la construction de deux salles de classe sur le site litigieux.
Et pourtant, explique les habitants de Boukhou, le besoin d’une seconde école à Boukhou a été relevé et le site de construction déterminée depuis plus d’un an. Mais aucune action pour la réalisation de cette école n’a été effectuée par la mairie. Mais actuellement, pour légitimer leurs actions le maire et ses collaborateurs tentent d’imposer, sans concertation avec la population, une école à quelques mètres de la route nationale (RN1) et de surcroît sur une zone accidentogène ; ce qui représente un réel danger pour les enfants.
Ainsi, pour la sécurité de leurs enfants, la population de Boukhou demande l’arrêt immédiat des travaux. Les autorités académiques et administratives ont été saisies à cet effet et la population a décidé de ne pas envoyer les enfants à cette école.



