Le Sénégal ne se limite pas entre Dakar et Sindia. Dans une interview accordée à nos confrères de EnQuête, Souleymane Jules Diop affirme ce qui suit : « Ceux qui disent que le pays ne change pas, je leur demande de prendre l’autoroute jusqu’à Sindia, de regarder à leur gauche, à leur droite. Ils verront ce qui est fait en quatre ans. Ils verront des cités entières s’élever vers le ciel. On n’a même pas besoin de discourir. Qu’ils y aillent, ils verront. Evidemment, quand on passe son temps dans les suites royales parisiennes et les hôtels, on ne peut pas s’apercevoir que le visage de ce pays est en train de changer. Dire que ce pays n’avance pas, c’est faire preuve de mauvaise foi. » fin de citation
Il faut être vraiment idiot et sénile pour sortir de telles inepties. Je ne mentionnerai même pas les paroles assassines que ce même Souleymane Jules DIOP adressait à Macky Sall dans un passé récent, mais je lui rappelle que le Sénégal, c’est pas seulement Dakar. Il parle du Sénégal des profondeurs, je lui rétorque que le monde rural vit à l’ère préhistorique et que les pistes de production, et les outils rudimentaires sont loin d’être la solution. Le monde rural a besoin d’une véritable révolution que le PNUD ne peut pas assurer. C’est en réformant l’humain et en responsabilisant l’expertise nationale que nous trouverons des solutions aux préoccupations du monde rural.
Parlez-moi de nos souverainetés politique, économique, monétaire, sociale et culturelle. Aucun pays au monde ne s’est développé sans avoir la possibilité de définir sa propre politique monétaire. Aucun pays au monde ne s’est développé sans un système bancaire national capable de financer l’économie sur le long terme et un secteur privé national fort, capable de maintenir la valeur ajoutée dans le pays. Le sentiment de fierté nationale est un déterminant fort de l’émancipation de notre peuple et le président actuel n’en a cure.
Je comprends votre revirement à 360 ° ainsi que celui des pseudo intellectuels qui ont vendu leurs âmes au diable et qui sont devenus les champions des laudateurs du prince. C’est votre droit le plus absolu de défendre un candidat à sa réélection. C’est aussi notre droit le plus absolu de contester sa politique sans qu’on nous impose une pensée unique, ni ne nous assomme à coups de matraques et de gaz lacrymogènes. Je vous renvoie aux déclarations de Macky Sall avant 2012 pour mesurer le niveau de respect de ses engagements..
Oui le Sénégal n’avance pas Monsieur Souleymane Jules DIOP…
Il n’avance pas parce que celui qui doit le faire avancer trompe le peuple qui l’a investi d’une mission spécifique : réformer en profondeur la société en rompant avec les pratiques honnies par le peuple, en changeant les mentalités, en éliminant les pratiques informelles de corruption, de concussion, de prise illégale d’intérêt, de trafic d’influence, sans oublier toutes les autres perversités de notre société (oisiveté, méchanceté gratuite, jalousie maladive, maraboutage etc). Comment peut-on réformer quand le principal concerné est au cœur de tous les scandales ?
Un poisson pourrit toujours par la tête. L’expérience a démontré que le frein fondamental pour qu’une organisation (un pays, une entreprise ou un individu) atteigne son objectif, est un frein d’ordre humain. Le frein humain dans notre pays est d’abord l’immixtion de la famille biologique du président de la république dans les affaires de la cité et l’incapacité de ce dernier à dire non. Il ne pourra convaincre personne de sa probité dans les affaires du pétrole et du gaz. Il a commis une erreur de débutant en laissant son frère (journaliste) s’occuper de pétrole.
Son statut de président de la république et de chef de parti politique le discrédite auprès du peuple. C’est triste de voir des recyclés, perdants et champions de la politique politicienne occuper le devant de la scène au Sénégal en étant propulsés à la tête d’institutions de la république qui ne rivalisent que par leur inutilité et leur coût exorbitant pour la collectivité. Le pays n’avance pas parce que la politique politicienne supplante l’action politique, le tapalé et le thiakhane dominent l’authenticité et les valeurs fortes. Ce n’est pas en faisant du tintamarre avec des usines à gaz qu’on mettra une société en mouvement . Excellente semaine
Peps Gueye



