AccueiluneEdito du Jeudi : Un modèle et un système dans l'impasse

Edito du Jeudi : Un modèle et un système dans l’impasse

Le pays est dans une impasse. Le modèle est devenu inopérant, la voie est sans issue. Cette façon de gérer un pays ne produit pas de résultats et le mène droit dans le mur. Impasse politique d’abord car un poisson pourrit toujours par la tête. L’informel a gangréné la tête de notre exécutif. L’affaire du Pétrole et du Gaz va nous conduire dans une impasse à cause de toutes les nébuleuses qui l’entourent.

Que fait une première dame dans le fonctionnement de la République ? A-t-elle des prérogatives de nomination à des fonctions civiles et militaires ? Que fait un Président de la République dans la nomination des magistrats ? Pourquoi cette précipitation pour faire adopter des réformettes ? Pourquoi ce cafouillage gouvernementale qui cache des raisons inavouées ? Comment un Ministre en exercice peut-il accuser nommément des citoyens sans que le procureur de la république ne s’auto saisisse pour éclairer la lanterne du pays ? Pourquoi cette manipulation permanente de l’opinion ?

Un modèle est une représentation simplifiée d’une réalité complexe. Ces dirigeants ont été façonnés (depuis nos indépendances) à un modèle qui ne correspond pas à nos réalités et aux exigences de développement de nos pays. Ce modèle a pour fondement un système de prédation et de prévarication et utilise l’obscurantisme et la manipulation des masses pour prospérer. Ce modèle est dans l’impasse.

Un système est un ensemble inter-relié d’éléments qui visent un même objectif. Ici les éléments du système sont une certaine classe d’hommes politiques très partisans, certains religieux affairistes, une catégorie de magistrats véreux, de notaires et d’avocats très louches, des activistes et hommes d’affaires douteux qui prennent tout le pays en otage pour essayer de perpétuer leur système.  Cette impasse politique entraîne logiquement une impasse économique  car ces dirigeants ont résolument fait le choix de l’étranger pour piloter notre propre développement. Tous les projets d’envergure sont entre les mains des entreprises étrangères. Le pays est arrimé à un système politique, monétaire et financier contraire à ses intérêts. Le pays ne pourra jamais se développer sans un capitalisme national fort, sans un système bancaire national fort pour soutenir nos investissements et nos entreprises.

La valeur ajoutée (qui est la mesure de la création de richesses)  doit rester  en majorité dans le pays. La conséquence est l’installation d’une impasse sociale car le pays ne crée pas d’emplois décents. Le système éducatif est toujours paralysé. Le corps social est meurtri par des pratiques mystiques de destruction massive et une perversion inquiétante des mœurs. Les accidents dramatiques et récurrents de la route, l’indiscipline, les agressions multiples perturbent  les esprits. On ne bafoue pas impunément la dignité humaine. On ne détourne pas impunément les maigres deniers publics d’une nation. On ne divise pas impunément tout un vaillant peuple pour régner. On ne tue pas, on n’agresse pas, on n’assassine pas impunément, on ne ment pas, on ne manigance pas impunément.

Le vaillant peuple sénégalais dit solennellement à ses dirigeants que  le Sénégal n’est pas un royaume ni une dictature. Aucune dévolution monarchique du pouvoir n’y est possible. Aucune entorse à la charte fondamentale n’y est possible.  Aucune gestion patrimoniale du pouvoir n’y sera acceptée. Aucun système mafieux ne peut y prospérer. Le peuple sera le bouclier pour des patriotes qui prendront leur responsabilité pour sortir le pays de sa léthargie et le libérer d’un système qui l’étouffe et qui veut le tuer à petit feu. « Ceux qui ne croient pas à l’impossible sont priés de ne pas décourager ceux qui sont en train de le faire !!! » Jean Nadeau

Excellente journée

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