«Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter», disait Georges Santayana.

Mes chers compatriotes sénégalais,

Quelque peine que j’aie à vous communiquer en ce temps crépusculaire de l’histoire de notre République l’ostentatoire rapine politicienne qui vient de nous être infligée. Je dois le faire sans hésitation parce que mes devoirs citoyens dus à votre patriotisme, à votre générosité, à votre patience ainsi que le souvenir, sel de ma mémoire, de nos sacrifices, de nos luttes, de nos urgences, de nos espoirs, me l’ordonnent et je m’y soumets humblement et sans détour.

Pour ainsi dire, la tête haute, mon triste regard pointé sur l’image de ce petit homme politique sans aucune lumière, le soulagement chatouille par moment mon cœur si meurtri et heureusement envahi par cette sensation du modeste devoir accompli à visage découvert et en toute responsabilité. Mille fois hélas! Pendant des années, parce que celui qui tient la plume ne s’inscrit jamais parmi les coupables, j’ai plusieurs fois murmuré intimement dans vos distraites et bourdonnantes oreilles pour informer, dénoncer, prévenir et proposer….

Je me souviens! Oui je me souviens dans un passé si récent vous avoir confessé, entre autres, que le Sénégal dans lequel nous vivons ne nous est pas donné. Il est, pour le meilleur ou le pire, le pur produit de nos choix, de nos rêves, de nos œuvres, de nos silences,  de nos négligences, de nos… Toutes et tous, individuellement et collectivement, nous en sommes responsables. C’est pourquoi il est si sérieux et urgent que cette responsabilité commune soit répartie d’une manière équitable, en tenant compte de la capacité des uns et des autres, individus et collectivités, d’en assumer leur juste part…

En effet, la soif de dominer, disait Machiavel, est celle qui s’éteint la dernière dans le cœur de l’homme. Donc, il ne faut pas rendre les mots malades en évitant de nommer les choses par leur propre nom!  Notre concitoyen Macky Sall a toujours été un homme solitaire, insensible et dépourvu de toute élégance face à un immense abîme qui l’a enfoncé depuis longtemps dans la radicalisation politique menant aux combines de politique politicienne et à la violence gratuite. Par tous les moyens et sans-gêne, il a fait usage de cette violence également illégitime et de subterfuges inqualifiables pour gouverner en maître absolu sur toute l’étendue du territoire sénégalais. La «mackysaledisation du Sénégal», son plan favori, a été élaboré minutieusement, mis en marche sans retenue et sans limite. Pourtant en 2014, le  journaliste Malick Sy nous avait donné ce percutant coup de semonce: «Les Sénégalais, rappelait-il au chef de l’APR ne sont pas dupes et perçoivent chaque jour votre lente dérive vers un régime autoritaire qui a pour finalité d’effrayer et d’intimider tout ce qui pense et réfléchit librement dans notre pays. C’est le processus de verrouillage de nos libertés qui est en cours comme si tous les pouvoirs au Sénégal ne devaient avoir qu’un seul nom : Macky Sall».

Croyez-le! Nous avions brillamment confié notre précieux Sénégal à cet adepte de stratagèmes, de manœuvres et de délires politiques pour mieux tromper pour qu’il l’affaiblisse à son rythme sous le poids de notre silence et notre complicité. Cet état de faits a fini par ruiner nos règles de base, nos consensus, nos valeurs, nos convictions, nos principes, notre dignité, nos repères. Pire, le mal de notre silence complice a aspiré plusieurs forces vives et vitales de notre Nation de tous bords, tous côtés qui se sont laissé phagocyter par des pratiques clientélistes, patrimoniales et électoralistes d’un système politique complètement recouvert de rouille qui s’est toujours organisé en clans ou en bandes de malfaiteurs travaillant à tout bout de champs pour le maintien durable de leur chef suprême au pouvoir.

Qu’on se le tienne pour dit mes chers compatriotes! Quoique nous puissions nous ressentir, notre mal d’hier et d’aujourd’hui demeure le fruit de l’irresponsabilité, du mensonge, de la désinvolture non des dirigeants mais des dirigistes, de guides non éclairés et éclairants, d’Excellences Messieurs les Présidents, ces élites qui s’emploient avec grand plaisir à entretenir un train de vie coûteux de bamboula à tous les niveaux de l’État national, à dilapider nos maigres derniers tout en maintenant les populations dans un état d’extrême paupérisation et de dépendance. En agissant de la sorte, à la place d’avoir un peuple convaincu de ses exploits et mérites, notre cher Sénégal s’est retrouvé avec un peuple se sentant parfois impuissant et vaincu. Ont gravement trahi, reconnaissons-le, beaucoup de leaders politiques et intellectuels à qui l’honneur ainsi que le privilège citoyens ont été donnés de nous servir en nous accompagnant efficacement sur le chemin périlleux qui ne devrait avoir pour seule ambition que de susciter le Sénégalais de la liberté, de la dignité et de l’espoir contre le Sénégalais du fatalisme et de l’immobilisme!

Maintenant….maintenant, la messe est dite martèle-t-on partout. Soit!  Mais cette pilule de trop aussi dure qu’elle soit, devra être avalé à tout prix car nous pouvons et devons avoir mieux que ce Macky Sall et ses affidés! Pour ce faire, il faut encore redresser nos jambes pour nous tenir debout et continuer à nous battre pour accomplir ensemble nos urgences, nos rêves avec conviction et cohérence. Avec cette édition 2019 de son CARNAVAL ÉLECTORAL qui a viré au fiasco, on a la bonne certitude que faire de la politique autrement est bien possible avec celles et ceux qui ont décidé de placer notre Sénégal au-dessus de tout. Il faut que nous nous engagions davantage politiquement en ayant le courage et la cohérence des nos idées pour délier les affreux nœuds connus qui nous ligotent, renverser nos mauvais comportements et briser les solides barrières et finir avec la politique du ventre, l’hypocrisie, le complot étatique, l’instrumentalisation de la justice, l’indiscipline, la pauvreté, la dépendance et surtout le mensonge sous toutes ses formes. Encore et pour toujours, il faut nous battre pour construire un SÉNÉGAL de raison, un SÉNÉGAL libre, juste et équitable, un SÉNÉGAL inclusif et tolèrent, un SÉNÉGAL où la science et le progrès mèneront tous les Sénégalaises et Sénégalais définitivement vers le bonheur, le bien-être, le bien-faire et le bien-vivre. Bref, un Sénégal capable de tourner définitivement le dos à ce clan politique, des usurpateurs de pouvoir par excellence…

Mes chers compatriotes, que puis-je écrire ou dire de plus, je vous le demande ? D’ailleurs, il n’est pas tout le temps nécessaire de parler ni d’écrire, pour faire comprendre l’état le plus misérable dans lequel notre pays puisse être réduit par la délinquance et la duperie politique. Mieux, je crois également, comme vous autres, avoir tout fait en mon pouvoir tout en restant convaincu qu’on ne doit pas juger d’une chose par le succès ou l’irréussite qui ont accompagné la tentative.

Permettez! Permettez de vous rappeler que quand le voleur pactise avec le maître de la maison, sachez qu’il peut faire sortir un bœuf par la cheminée. Permettez je reprenne, ici et maintenant, ces propos justes de notre compatriote Alioune Ndiaye que je partage à 100% pour poursuivre mes intarissables MURMURES INTIMES : «Aucune félicitation pour ma part, encore moins de républicanisme de façade. Cette élection est la plus frauduleuse de l’histoire du pays, et mérite même le statut de cas d’école dans l’étude de la fraude électorale. Féliciter revient pour moi à saluer le summum de la saysayerie électorale». Permettez enfin que je vous confesse que l’œuvre de redressement et de transformation de notre Sénégal est imminente, exaltante, envoutante et patriotique. Pour cela et rien que pour cela…

 

Pathé Guèye-Montréal

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