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Omar Sarr: « Je ne reconnais pas mon exclusion de Rewmi, ce sont des enfantillages… »

Entretien avec le député Omar Sarr, qui conteste son exclusion de Rewmi prononcée samedi dernier. Dans un entretien avec l’Observateur, l’ancien numéro 2 de Rewmi qualifie d’enfantillage, la décision prise par ses camarades de parti. Aussi le parlement regrette le non-participation de son parti, Réwmi, au dialogue national lancé par le Président.

Le parti Rewmi a pris la décision de vous exclure. Comment l’avez-vous accueillie ?

Franchement, quand j’ai appris la nouvelle, j’étais très surpris, à cause de la légèreté avec laquelle ils ont pris cette décision. Ce qu’ils entendent par Bureau politique transformé en Congrès prouve encore qu’ils versent trop dans l’informel. Parce qu’un Bureau politique se doit d’être l’émanation de toutes les fédérations issues des 45 départements et de ceux qui militent en dehors du pays. De cette légèreté est venue se greffer de la malhonnêteté, parce que beaucoup de coordonnateurs départementaux n’ont pas assisté à cette rencontre. Et dire que ce sont les responsables des départements qui étaient présents me semble être du bluff qui, à la mesure, fait partie de leurs pratiques que je connais. Ce qu’ils font ne concerne que la consommation extérieure du parti, mais l’intérieur, les militants sont habitués à des coups de bluff au quotidien, alors qu’eux, ils savent que le parti est déserté par ses militants et militantes les plus valeureux. Donc, je ne qualifierai pas cette décision, parce que ce sont des enfantillages qui ne reposent sur rien. C’est un show médiatique qu’il voulait faire pour mettre en veilleuse l’autre fait majeur de la journée du samedi, c’est-à-dire le dialogue national, auquel tous les hommes et femmes valeureux de ce pays, ceux qui aiment et travaillent pour le Sénégal, en communion autour du chef de l’Etat, sont venus dire ce qu’ils pensaient. Quand vous dites que vous briguez le suffrage des Sénégalais, ces occasions doivent être saisies pour se faire entendre. Je pense qu’il a, comme d’habitude, raté l’une des occasions majeures qui avait attiré l’attention de tout le pays.

Donc vous contestez la décision de votre exclusion ?

Je ne peux pas reconnaître cette décision. On ne peut pas exclure quelqu’un comme ça. Nous avons des statuts et règlements au niveau du parti. Je suis sûr qu’il n’a jamais lu les textes du parti. Je le mets au défi. Il n’a jamais lu, de la première à la dernière ligne, les textes du parti. Ce qui n’est pas mon cas. Donc, je comprends qu’il puisse faire ces grossières erreurs qui, du reste, ne l’honorent pas ni le leadership auquel il aspire. Peut-être qu’il a peur, parce que depuis quelques mois, notre discours a bien mordu, des pans entiers du parti nous rejoignent, ils viennent adhérer massivement à la cause de la refondation. Donc, ils savent ce qui se passe. D’ailleurs, cette décision est une décision défensive. Puisqu’il n’a rien à faire, il a dû convoquer une dizaine de responsables pour s’occuper le jour du dialogue national. Mais ce qu’il a dit, au nom du département de Mbacké et Touba, est tellement grave que je vais laisser le soin à ces militants de répondre. Il aura à faire aux militants de Mbacké et Touba qui, en bonne et due forme, ont acheté leurs cartes de membre. Il viole les textes par ignorance. Parce que pour exclure quelqu’un, il y a des procédures à respecter. Je sais que dans le parti, l’entrée est libre, tout comme la sortie. J’aurais pu démissionner, mais j’ai pris l’option résolue de rester dans le parti. Parce que beaucoup de militants et moi pensons que le problème, c’est au niveau de la pourriture de la tête du parti et il faut l’extirper. Donc, cette décision n’engage que ceux qui l’ont prononcée. Ils ont commis de grosses bêtises qu’ils vont payer. Et je vous assure que d’ici au mois de décembre 2016, il n’aura qu’à se défendre. Je le mettrai dans une telle situation défensive qu’il n’aura même plus le temps de critiquer ni le gouvernement ni le président de la République. J’attends d’ailleurs qu’ils me notifient la décision de mon exclusion.

Vous aviez dit, dans un passé récent, qu’on ne peut pas vous exclure de Rewmi, cette décision semble prouver le contraire…

J’ai dit que personne ne peut m’exclure du parti et je le maintiens. Je donnerai la preuve de ce que j’ai dit, mais par respect aux militants qui vont se prononcer sur cette question et avec les coordonnateurs départementaux qui sont avec moi, vous verrez lors d’une assemblée générale que nous tiendrons dans les meilleurs délais. Mais, par intelligence, je n’exclurai jamais Idrissa Seck de Rewmi. Nous laisserons le temps au temps, pour qu’il se rende à l’évidence que j’avais raison. Il y a une lettre extrêmement importante que je lui ai adressée, en septembre 2014, dans laquelle, je lui dis exactement ce que je pensais de lui, de sa façon de gérer le parti. Mais, je n’ai jamais porté cette lettre à l’attention du public. Je préfère la garder secrète. Quand il a reçu la lettre, il m’a appelé au téléphone pour contester une partie et me dire qu’il n’avait pas de commentaire sur le reste. Peut-être qu’il avait peur que je publie la lettre. D’ailleurs, je me garderai de le faire, parce que franchement, je n’ai pas l’intention de le détruire. 

Mais, n’avez-vous pas choisi la voie de l’exclusion, à la place de la démission, pour juste garder votre poste de député, parce que depuis un certain temps, on ne vous voit plus dans les activités de Rewmi ?

De quel Rewmi ? Idrissa Seck a un Rewmi, peut-être, mais moi aussi, j’ai un Rewmi. D’ailleurs, je vais vous inviter à notre siège et vous verrez les visages des gens qui viennent là-bas. Et vous verrez, entre ceux qui l’entourent et ceux qui m’entourent, où se trouve l’authenticité. Donc aujourd’hui, c’est une bataille entre lui et moi pour le leadership du parti. Et il a même pris l’exacte mesure de la tâche. Chaque fois que je progresse, lui il recule. Je ne suis pas pressé, mon objectif, c’est d’arriver au mois de juin 2017. La feuille de route que les militants m’ont tracée, c’est de parvenir à tenir un congrès en juin 2017. Et si j’ai la majorité de gens qui me soutiennent, il n’y a pas de raison qu’on ne change pas la direction pour me remettre le récépissé du parti et Idrissa Seck deviendra un simple militant de Rewmi. Donc, si la majorité des militants est d’accord, nous allons continuer l’aventure. Il y a des échéances qui vont venir. La première, ce sont les élections législatives. Je suis dans un cadre de partenariat avec le Président Macky Sall qui est aussi le président de Bennoo Bokk Yaakaar. C’est un allié et il me considère comme tel. D’ailleurs, ce n’est pas mon initiative, c’est celle d’Idrissa Seck qui nous avait demandé en 2012 de le soutenir, puis d’aller sur la liste de Bby. Maintenant, ils ont quitté, moi je reste. Ai-je peur de perdre mon poste ? Moi, on me connaît un métier. Je suis professeur et ne suis pas encore à la retraite. J’ai travaillé pour mon pays. J’ai été haut fonctionnaire dans ce pays. Plus, j’ai d’autres aptitudes qui font que je gagne ma vie honnêtement, de manière connue avec des bulletins de salaire. Quand je fais vivre ma famille, personne ne se posera de questions, à la différence de certains qui n’ont aucun métier connu. Donc, je suis dans cette dynamique de partenariat et d’alliance sincère avec le Président Macky Sall. Aux Législatives, nous choisirons ensemble un schéma pour gagner tous les départements. Et, pour la Présidentielle de 2019, je souhaite que le Président Macky Sall rempile pour terminer une partie du Pse qui est un projet ambitieux.

Lors d’un meeting à Thiès, on vous a entendu demander pardon aux Sénégalais. Que sous-entend une telle déclaration ?

C’est parti d’un constat. Il y a deux ou trois mois, la presse a fait de graves accusations à l’encontre d’Idrissa Seck parlant de sommes astronomiques de 74 milliards F Cfa qu’il aurait distraites. Il y a eu tellement d’insistance de la part des accusateurs que son refus de porter plainte ou de communiquer sur l’affaire l’a rendu suspect. A sa place, je serais parti au tribunal porter plainte et qu’il ne l’ait pas fait, m’a amené à dire qu’il devient un suspect numéro1. S’il s’agissait de plusieurs criminels, il en serait le premier suspect. Et à ce titre, pour l’avoir soutenu dans toute son action pendant des années, j’ai senti, dans mon intime conviction que ce monsieur avait des choses à se reprocher et, en conséquence, je demande pardon à tous les Sénégalais d’avoir soutenu quelqu’un qu’on accuse et qui n’ose pas porter plainte pour sauvegarder sa dignité. Parce que, jusqu’à l’extinction du soleil, s’il ne porte pas plainte, il restera suspect.

Le Président Macky Sall a lancé, samedi passé, un dialogue national auquel votre camarade Idrissa Seck n’a pas pris part. Comment appréciez-vous cette initiative du chef de l’Etat ?

J’ai une appréciation très positive de l’initiative du Président Macky Sall. Un pays, ça doit dialoguer. Puisqu’il a été élu, de manière incontestable, avec 65% des voix, il ne perd rien en écoutant ceux qui le critiquent et même ceux qui le détestent le plus. Il semble qu’ils ont envoyé une invitation au parti Rewmi. J’ai entendu M. Seck s’en plaindre, mais l’explication qu’il n’a pas donnée pour que les Sénégalais comprennent que l’administration n’avait pas tort, c’est que Rewmi avait une adresse et un siège, mais on l’avait délogé, pour n’avoir pas payé. Comment voulez-vous que le ministre de l’Intérieur sache là où ils se retrouvent à côté de la mer, sans que lui ne prenne le soin d’aller voir les services du ministère pour leur dire que le parti a changé d’adresse ? Pour le dialogue, je pense qu’Idrissa Seck ne peut pas être devant le Président Macky Sall qui préside une réunion. C’est individuel et psychologique. Il y a certains refus qui n’ont rien de politique, c’est psychologique. Je pense que son refus d’aller à la concertation est tout simplement la manifestation de la non-acceptation du fait que Macky Sall, aujourd’hui, est le président de la République du Sénégal. Ce dialogue était l’occasion rêvée de parler de toutes les questions. J’ai eu même de la pitié pour ceux qui n’y ont pas participé. D’ailleurs, l’essentiel du pays était là-bas. Même le plus grand parti de l’opposition était là-bas, j’ai beaucoup aimé la présence du Pds.

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