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Le Ramadan, pas un prétexte plutôt un maximisateur…

A Madinah Al Munawarra, la capitale de la Sunna du Prophète, Imam Cheikh çalàh Al Budayr a rappelé aux croyants que le mois de Ramadan, qui est un multiplicateur par excellence de bienfaisance et d’élégances  sociales n’est point un prétexte pour suspendre l’exercice des responsabilités. Le Ramadan est plutôt un tremplin d’accélération de toute bienfaisance et c’est pourquoi il faut veiller à multiplier les bons points et les bons points ne doivent pas attendre le Ramadan non plus pour meubler notre quotidien. D’aucuns prétextent et de manière inconsciente le Ramadan pour faillir à leurs obligations de tous les jours, avec le risque de rater une opportunité de maximiser sur tous les fronts. En écho à ces précautions, Imam Nûrud-Dîn à Genève a profité de la fête des voisins, célébrée dans le canton chaque année le dernier Vendredi du mois de Mai pour inviter les croyants au respect des voisins, de tous les voisins et de ne justement pas prétexter du Ramadan pour bruiter, gêner, transgresser et violer les principes sacro-saints de la vie en communauté. Le Prophète justement avait tellement insisté sur les droits du voisin que Allah a fini par l’inclure parmi les corollaires du Tawhîd (V36, S4) dans le chapitre du Ihsàn.

Le Prophète s’étonnait de qui aura vécu un Ramadan sans avoir épongé ses pêchés, sans avoir obtenu la miséricorde d’Allah, sans avoir échappé au feu de l’Enfer (V185, S3). Le Hadith est bien connu lorsqu’il montait les escaliers du Min’bar et dialoguait avec Djibril. Il recommandait durant le Ramadan de ne pas prendre le risque d’annihiler le jeûne par de la négligence dans les actes et interactions. Même si en tout temps et en tout lieu, il faut circonscrire ses actes et interactions dans le périmètre du licite et de la bienséance, le Ramadan s’y prête encore plus, puisqu’à défaut de vigilance, tous les escomptes peuvent se transformer en désespoir ou déception. L’Imam de citer quelques contradictions entre l’esprit du Ramadan et certaines attitudes ou actes et s’interroge ainsi

Est-ce valide le jeûne de qui profère médisance et calomnie à l’endroit des autres ?

Est-ce valide le jeûne de qui usurpe les biens d’autrui ?

Est-ce valide le jeûne de celui qui attente à la vie des autres, qui prive les autres de leur liberté, qui est dans l’abus, dans la triche, dans le tort et dans l’injustice ?

Si tu abandonnes ta famille alors que ta première obligation est de leur pourvoir subsistance, confort et assistance, est-ce que ton jeûne est sincère ? Le Jeûne est par définition un acte de piété (V183, S2) et donc toute déviation de la piété et de ses corollaires est un annihilateur de jeûne. On peut donc se poser la question de celui qui a failli à ses obligations envers ses parents (V précité, S4), envers son épouse, ses enfants, celui qui a falsifié les papiers d’héritage, qui n’a pas tenu ses engagements financiers de l’année, celui qui peuple son esprit et ses gestes d’intentions obscènes, de dialogue pervers, d’insinuations suspectes – est-il conscient de la déviance par rapport à la piété ?

Le Prophète a bien alerté dans ce Hadith de Jàbir Ibn ‘Abdullàh Al Ançàry que quiconque n’abandonne pas et ne s’éloigne pas des verbiages et des bavardages futiles, peut être sûr qu’Allah n’Agréera pas uniquement faim et soif de sa part. Le jeûne doit être présenté à Allah dans une enveloppe digne de son Rang, c’est-à-dire une enveloppe de soumission et de piété. Qui osera envoyer une lettre à un souverain de notre monde avec une enveloppe tachetée, froissée, usée et douteuse ? Voilà aussi comment nous devons habiller notre jeûne du Ramadan, avec soumission, piété, élégance et respect de l’autre. Le Ramadan est le summum de toutes les formes d’abstention et d’ascétisme, c’est un tremplin de décollage imminent qui allie vitesse et ascension pour connecter le croyant dans les sphères d’apesanteur des tentations mondaines et humaines (V185, S2). Evitons donc d’annihiler cette opportunité de maximiser sous prétexte que nous souffrons plus que les autres ou que nous observons un sacrifice inhabituel.

C’est d’ailleurs dans cet esprit de respect si important que nous devons aussi veiller à remplir nos devoirs envers nos voisins, à ne violer aucun de leur droit au calme,  au bon voisinage et aux bonnes manières de civilité qui vont avec.

Le Ramadan est un pilier de l’Islam et remplit donc une case dans la carte de la servitude et dans cette même carte, Allah Rappelle d’autres obligations dont le respect ne doit pas être en contradiction avec le Ramadan, mais plutôt en conformité et voilà pourquoi dans la suite de l’Adoration et dans son esprit, Il Cite l’élégance envers les parents, un acte permanent tout comme envers les voisins (V36, S4) et d’autres catégories de l’espace social qui aussi méritent élégance en permanence. Imam Nûrud-Dîn de mettre en garde contre les jugements non autorisés sur le statut du voisin. Nul n’a le droit de s’interroger sur la religion ou l’orientation de ses voisins, le voisin mérite respect et considération et voilà l’enseignement canonique de notre religion. Or, selon Sayyidatunà Aisha, le voisinage de proximité s’étend sur un rayon de 40 portes à la ronde et de nos jours avec le rapprochement planétaire des outils, ne sommes-nous pas tous voisins ? 

Le respect du voisinage et l’égard au voisin sont tout aussi deux actes différents mais combinés. Il faut veiller aux règles de vie communément établies par le pays, le canton, la commune en matière de gestion des espaces – ne pas parquer sa voiture aux places non autorisées et qui gênerait circulation et confort, ne pas laisser les vélos et trottinettes dans les couloirs alors qu’il y a un espace dédié pour les ranger, ne pas laisser traîner ses affaires personnelles dans les espaces communs. Voilà quelques précautions de respect du voisinage. Il s’y ajoute l’égard aux voisins en veillant à ne pas faire du bruit le soir, à ne pas recycler les poubelles avec bruit ou en dehors des plages horaires aménagées, à ne pas laisser les enfants courir dans les couloirs ou parler à haute voix qui gênerait les autres, à ne s’activer la nuit alors que les travailleurs ont besoin de repos et de calme en toute légitimité, à ne pas pratiquer dans les habitations des jeux d’espace extérieurs (ballons, billes, autres).

Le Prophète avait cité dans le chapitre des qualités de noblesse (makàrimul akhalàq) le bon caractère, le maintien de la parenté et l’élégance envers le voisinage. Or, la majorité des croyants prétextent le Ramadan pour violer les règles élémentaires du bon voisinage et tombent donc dans les travers cités plus haut par Imam Al Budaïr (annihiler son jeûne). Le droit du voisin tel qu’enseigné par le Prophète et répertorié dans les bonnes pratiques sociales sont de cinq – le préserver de nuisances venant de soi, l’assister promptement en cas de besoin, répondre à ses sollicitations légitimes, le visiter en cas d’incapacité ou de maladie, et l’accompagner dans sa dernière demeure en cas de décès. Et ceci quel que soit sa religion ou son appartenance sociale. Le Prophète a tranché sur un cas de figure d’une personne vertueuse et pieuse mais dont le seul tort est que ses voisins ne la supportaient pas. Il a dit qu’il n’y a aucune vertu ni piété en elle. Une autre personne dont on disait qu’elle négligeait les pratiques religieuses, mais était si appréciée par son voisinage, il a dit que la personne a compris ce que c’était la religion – préserver le tissus social par son comportement. Voilà donc le risque que nous devons éviter dans nos élans zélés pendant le Ramadan à imposer le Ramadan à tous, à demander de l’aide pour les autres souvent de manière intempestive et maladroite.

Les interdits avaient alerté le Prophète ont une tonalité encore plus grave lorsque le forfait est dirigé contre les voisins – vol, menace, calomnie, usurpation. Il faut donc s’interdire de nuire aux voisins comme encouragement à s’interdire de nuire tout court. Hassan Al Baçary avait aussi recommandé une attention particulière envers les voisins car en cas de danger, ce sont les premiers à venir au secours et de leur intervention dépend souvent les gestes de sauver des vies. La bonté humaine avait-il dit n’as pas de sens lorsqu’exprimée à des milliers de kms en sautant les voisins et les proches. 

Un bédouin était venu voir le Prophète pour lui demander quel est le miroir qui peut me renseigner sur mon sort ? Le Prophète lui a répondu les voisins et les proches. Le Ramadan n’est donc pas un prétexte pour amplifier des manquements sociaux, mais une mine d’opportunités pour emprunter les raccourcis de piété qu’offrent justement ces facettes sociales du voisinage et qui selon le Prophète sont un test d’application de la religion. La religion est élégance, le Ramadan l’est aussi.

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