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alain gomis se dit réjoui du succés de son film félicité

Alain Gomis aux cinéastes sénégalais: « Il faut faire très attention à… »

En quelques mois, il a, à lui seul, raflé pas moins de trois prix. En visite au Sénégal pour la promotion de son dernier film, «Félicité», Alain Gomis s’est livré en entretien avec l’Observateur. On découvre alors, l’autre face du cinéaste, celle d’un homme qui a grandi dans les cités populaires entre la France et le Sénégal, qui, vaille que vaille, essaie de mettre en place les structures d’une future industrie du cinéma au Sénégal.

Le cinéaste Alain Gomis est revenu sur le succès de son film qui a été récemment récompensé lors du Fespaco. «J’étais à la fois ému et fier. Depuis le Fespaco, j’ai beaucoup voyagé avec le film et je n’étais pas encore revenu au Sénégal. J’ai été surpris par l’engouement et la fierté qui se dégageaient autour du film. Du coup, la réception était très chaleureuse. Il y’a très peu de mots pour décrire ce que j’ai ressenti. Mais je sais que les sénégalais ont été touchés par l’histoire du film et fiers qu’il est remporté autant de prix. J’ai aussi senti que c’était, pour moi, un devoir de continuer à travailler, d’aller plus loin ».

Le film «Félicité » qui a été récompensé Grand Prix du Jury (Ours d’argent) à la Berlinale 2017, Etalon d’or de Yennega au dernier Fespaco, Prix du meilleur long-métrage au Festival du cinéma africain de Tarifa (Espagne) « est avant tout un outil pour continuer à avancer. Le personnage du film est une femme qui vit dans la difficulté. J’ai essayé de mettre au-devant de la scène, la vraie vie. Nous sommes en train de construire des sociétés dans lesquelles, finalement, ne comptent que ceux qui réussissent », dira Alain Gomis.

Ainsi le cinéaste compte construire les structures du cinéma sénégalais et annonce que de nouvelles salles vont ouvrir, des collaborations vont se mettre en place avec de jeunes réalisateurs. Mais aussi, il espère créer au Sénégal un pôle de postproductions entièrement fait par des nationaux. Dans la mesure où l’Etat commence à y injecter de l’argent autant qu’il soit utilisé au Sénégal.

Cependant, Alain Gomis n’a pas manqué de porter un regard critique sur le cinéma africain notamment celui du Sénégal. Pour lui, le cinéma africain a de chances grandes dans l’avenir. Car aujourd’hui en Europe et aux USA, ils ne savent plus de quoi parler. Tandis qu’ici, il y a tellement de sujets à aborder. Et pour le Sénégal, il ne faut pas renoncer à son identité. Et pour faire des films, il faut une certaine responsabilité, un dévouement, et non pas seulement être dicté par l’appât du gain. Car l’image, c’est très important, les enfants s’identifiant à ce qu’ils voient. Il faut faire donc très attention à ce que l’on projette.

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