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Abass Jaber : « Les décisions qui ont fragilisé Suneor ont été prises lorsque Karim Wade était ministre »

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, l'ancien patron de la SUNEOR Abass Jaber est revenu en intégralité sur sa gestion de l'entreprise arachidière depuis son arrivée.
Parlant d'un point particulier, il fait état de ses relations avec Karim Wade. Interrogé sur ses liens avec Wade-fils qui seraient mis en cause, Abass Jaber déclare à nos confrères : « Je ne pense pas. Avec Karim Wade, nous avons eu des rapports amicaux, jamais de relations économiques, et cela a été démontré. D’ailleurs, les premières décisions qui ont fragilisé Suneor ont été prises lorsqu’il était ministre...»
Abass Jaber : « La filière arachidière est un domaine éminemment politique. Sans le soutien de l’État, Suneor n’est pas viable »
Abass Jaber, l'ancien patron de SUNEOR a accordé un entretien à nos confrères de Jeune Afrique dans leur prochain numéro. Lors de l'entretien, le franco-sénégalais est revenu sur les raisons qui l'ont poussé à céder la totalité de ses parts à l'Etat du Sénégal. Pour Jaber : : «J’ai accepté de céder les parts du groupe Advens dans Suneor à l’État du Sénégal à la demande des autorités. Nous avions du mal à maintenir cette société à flot en raison de l’invasion de l’huile de palme asiatique bon marché et de la faiblesse de la filière arachidière»
Parlant de la survie impossible de la SUNEOR, Abass Jaber indique que : «La filière arachidière est un domaine éminemment politique. Sans le soutien de l’État, Suneor n’est pas viable. En 2008-2009, après les émeutes de la faim qui avaient vu le cours des huiles végétales s’envoler de 700 à 1 500 dollars la tonne, le Sénégal a décidé de bloquer nos prix de vente par arrêté. Cela se comprend du point de vue du consommateur, mais cela a engendré des pertes colossales pour Suneor. Côté arachide, l’exportation de la graine a été libéralisée en 2010, de nombreux opérateurs chinois ont acheté massivement les meilleures graines, privant ainsi tous les huiliers de cette matière première indispensable et les paysans des bonnes semences. Nos usines tournaient à 15 % ou 20 % de leur capacité, et cela sans que l’on nous autorise à faire un plan social ou à envisager la fermeture d’un site.».
Pour ce qui est de son désengagement, Jaber souligne que «les modalités font l’objet de discussions. C’est une cession à l’amiable. Tout se passe dans un très bon état d’esprit et l’opération sera conclue dans les jours à venir. La campagne sera assurée. Ces pratiques sont d’une autre époque. Le Sénégal est un État de droit très soucieux de la protection des investissements.»
Sans vouloir avancer une somme pour parler du prix auquel il a cédé ses parts, Jaber se limite à dire : «Les pourparlers sont en cours. Je m’attends simplement à un prix juste et équitable.»

source : Leral

 

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